Le yiddish, c’est bien connu, est une langue sans pays. C’est ainsi qu’on parle d’elle en tout cas ; et puis comme d’une langue assassinée, disparue, agonisante. « Mais moi, je connais un pays yiddish et d’une certaine manière, j’en suis l’une des citoyennes » nous dit Macha Fogel, qui donnera régulièrement de ses nouvelles dans K. Premier tour d’horizon aujourd’hui de ce monde multiple et dispersé : les hassidim américains – qui sont aussi encore des Européens – et leur presse.

On peut voir la silhouette bouleversante d’Avrom Sutzkever dans le film qui, en 1945, enregistre son témoignage au procès de Nuremberg. Il est l’un des rares Juifs qui y témoignera. À la barre, il est présenté comme un rescapé du ghetto de Vilnius, mais il est déjà un grand poète yiddish. Sa traductrice Rachel Ertel fait pour K. le portrait de ce poète immense sur fond de son rapport à l’Europe.

Extraits de « Heures rapiécées, poème en vers et en prose » d’Avrom Sutzkever, monumentale anthologie des poèmes tirés de tous les ouvrages publiés par le poète – né à Smorgon (Biélorussie) en 1913, et mort à Tel Aviv en 2010, âgé de 96 ans – qui vient de paraître aux Editions de l’éclat.

On a demandé à Jean Pierre Lefebvre, l’auteur des traductions les plus récentes de Kafka, les visions et pensées qui surgissent en lui quand il pense à l’initiale de Kafka. Il nous a répondu en traducteur et philologue scrupuleux, attentif aux signes les plus secrets envoyés par les noms et les mots, et en poète pour qui l’œuvre de Kafka est un paysage mental à contempler >>>

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Merci au mahJ de nous permettre d’utiliser sa photothèque, avec le voyage visuel dans l’histoire du judaïsme qu’elle rend possible.