Histoire

« C’est à chaque fois la même scène. Je suis dans un square parisien et l’on me demande quelle langue je parle avec mes enfants. Ma « gueule juive » les met sur deux fausses pistes : soit c’est du yiddish, soit de l’hébreu. Dans aucun cas, ils ne reconnaissent ma langue maternelle, parlée par un européen sur cinq… »

Aux éditions de l’Antilope, Benny Mer vient de faire paraître « Smotshè – Biographie d’une rue juive de Varsovie ». Tel un archéologue, il exhume cette rue détruite en traquant toutes les traces qu’il peut récolter pour donner une idée, une image, un souvenir de Smotshè que Benny Mer aime comme on aime un fantôme qui vous fait signe. K. est heureux de publier le premier chapitre de son livre-enquête de Benny Mer sur ce monde disparu dont il dit qu’il s’y sent chez lui.

La date de publication de cet article marque le quatre-vingtième anniversaire du massacre de Babi Yar commis les 29 et 30 septembre 1941 par les nazis. Près de 34 000 Juifs de Kiev ont été exécutés dans un ravin situé à l’ouest de la capitale ukrainienne. La question de la mémorialisation du lieu, posée dès la fin de la guerre, n’a toujours pas trouvé à ce jour de réponse claire. Lisa Vapné nous donne un aperçu de la longue histoire conflictuelle, foisonnante de péripéties, d’une mémoire qu’il reste encore à édifier sur le lieu même du crime.

La semaine dernière, Ewa Tartakowsky nous racontait les conditions dans lesquelles se déroule aujourd’hui, à l’époque du PiS, une visite scolaire comme celle du « Musée des Polonais sauvant les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale – Famille Ulma » à Markowa. Suite et fin de cette plongée au cœur de ce qui apparait comme un récit ethno-religieux biaisé de l’histoire des relations entre Polonais non juifs et Juifs de Pologne.

Après avoir lu « Retour à Lemberg », Danny Trom est revenu dans la ville, hier polonaise et aujourd’hui ukrainienne, parcourant la Galicie sur les traces de sa famille. Les traces de Lemkin et de Lauterpacht, les deux héros du best-seller de Sands, s’y chevauchent avec celle de son grand père. Terre du crime et épicentre du droit pénal international naissant, pourquoi Sands efface-t-il qu’elle fut aussi un lieu où l’on rêvait le sionisme en yiddish ?

À travers la promesse de liberté et d’égalité formulée pour chaque Juif par les révolutionnaires, c’est aussi une certaine modalité de l’existence politique moderne que la France a voulu défendre et incarner. Les épreuves qu’affrontent les Juifs français aujourd’hui rappellent donc la France à elle-même et interrogent chacun : souhaitons-nous persévérer dans la défense d’un idéal qui distingua la France parmi les nations ?

Surnommés les frères Je Sais Tout, Joseph, Salomon et Théodore Reinach représentent à la fois l’excellence académique et l’assimilation exacerbée des juifs français au tournant du XXème siècle. Le cadet Salomon notamment, à travers sa défense d’un franco-judaïsme libéral modernisé ou son opposition au sionisme, a incarné la pointe la plus assimilée de l’israélitisme…

En ce lendemain de finale d’Euro 2020, K. ouvre ses colonnes à SoFoot, en republiant un article qui vient de recevoir le Prix Franco-Allemand du Journalisme dans la catégorie Jeunes Talents. Adrien Candau et Julien Duez y racontent l’histoire d’Emmanuel Schaffer, né en Ukraine mais élevé en Allemagne, survivant de la Shoah devenu l’entraineur mythique de l’équipe d’Israël…

Comment les Juifs en sont-ils venus à être définis comme « blancs » par un certain type de discours critique en vogue aujourd’hui ? Loin d’être un véritable concept susceptible d’éclairer d’un jour nouveau la réalité empirique, le terme « blanc » fonctionne comme une qualification politico-morale très approximative. Deuxième partie de l’essai de Balázs Berkovits sur la couleur supposée des Juifs…

Avec le soutien de :

Merci au bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll pour leur coopération dans la conception du site de la revue.

Merci au mahJ de nous permettre d’utiliser sa photothèque, avec le voyage visuel dans l’histoire du judaïsme qu’elle rend possible.