Discrète et fondamentale, ainsi va la fiction dans K. Car c’est bien à la fiction que la revue doit son nom, sa lettre de tutelle, son chiffre, bien sûr, à l’initiale de Kafka, mais surtout à celle de plusieurs de ses personnages qui errent au seuil de lois et de lieux hostiles pour créer l’archétype du Juif occidental qui n’en a pas fini d’arpenter les territoires européens. Du XXème au XXIème siècle, avec Kafka, il n’y a qu’un pas, un pas qui n’enjambe pas mais qui déplace, projette, anticipe. Car, pour sombre qu’elle soit, la fiction éclaire. Elle braque ses lumières sur des zones que n’atteignent pas toujours le reportage ou l’article de fond, l’histoire et la statistique, des zones plus meubles, d’infimes bougés de société qui, graduellement, désaxent, creusent des brèches, profilent entre les lignes des « forêts de symboles » où un seul arbre donne à penser. Et toujours à l’oblique, car c’est mieux quand on raconte une histoire, de le faire mine de rien. Et de la fiction, ce n’est pas là le moindre des mérites que de tenir ce mine de rien comme une note, tout du long, tenir sans forcer, c’est même toute la grâce de la fiction que d’y arriver. C’est en tout cas ce genre de fiction-là que nous voudrions accueillir dans K. Pas de fictions didactiques ou édifiantes, pas de nouvelles engluées de messages, mais des histoires qui portent le questionnement comme des sons ou des ombres. Et c’est ainsi que, petit à petit, dans K., la fiction fera son nid… [suite de l’édito] >>>

A l’aube d’un nouveau siècle ou d’un autre millénaire, on ne sait pas, Kate Stevenson trouva sur une plage une grande boîte en fer blanc. Était-elle partie explorer les rives de la Baltique, de la Caspienne ou de l’Adriatique, l’histoire ne le dit pas. >>>

« Mais pourquoi tu veux te rendre plus juive que tu ne l’es ? T’as de la chance de ne pas te trimbaler un nom qui, au moindre accrochage, devient la porte ouverte aux coups antisémites ! Non mais franchement, qui a envie d’être juif en France aujourd’hui ? » >>>

Un matin froid de février, ils arrivent tous les trois Gare du Nord, le père, la mère et l’enfant qui part en séjour linguistique en Angleterre. Que faire d’autre, en février, si l’on ne skie pas ? >>>

Shulim Vogelmann est à la tête de la maison d’édition Giuntina, fondée par son père Daniel. Tous ses livres sont liés, d’une manière ou d’une autre à la tradition, la culture, l’histoire et la littérature juives. Giuntina représente aujourd’hui le cas unique en Italie d’un petit éditeur spécialisé dans le judaïsme qui s’insère pleinement dans le débat culturel et les idées.

Bien que Proust n’ait pas été élevé dans la religion juive, une bonne partie de son éducation fut culturellement et socialement juive. Mais peut-il pour autant être lu comme un écrivain juif ? Y a-t-il quelque chose du Talmud ou de la Kabbale à trouver dans À la recherche du temps perdu ?

En ce lendemain de finale d’Euro 2020, K. ouvre ses colonnes à SoFoot, en republiant un article qui vient de recevoir le Prix Franco-Allemand du Journalisme dans la catégorie Jeunes Talents. Adrien Candau et Julien Duez y racontent l’histoire d’Emmanuel Schaffer, né en Ukraine mais élevé en Allemagne, survivant de la Shoah devenu l’entraineur mythique de l’équipe d’Israël…

Que signifiait l’œuvre de Kafka pour la jeune génération de juifs allemands qui s’en est saisi avec ferveur dans les années 1910 et 1920 ? Quelle expérience du juif européen moderne se réfractait pour eux dans ses écrits ?

Le trait de Kafka est accessible à nouveau : des centaines de dessins nous parviennent en libre-accès depuis la bibliothèque nationale d’Israël, où les archives de Kafka sauvées par son ami Max Brod demeurent. Une déception, semble-t-il, il n’y a pas de texte inédit parmi les papiers retrouvés. En revanche, on insiste sur le nombre de dessins et d’illustrations, qui doivent alors revêtir un sens plus important que prévu…

Dans le nouveau podcast de K., Yolande Zauberman nous raconte son rapport particulier à la langue et ce qui l’amène à aller à la rencontre des personnages de ses documentaires. Tout en recueillant les paroles interdites, du désir ou du crime, elle nous entraîne parallèlement dans des mondes inconnus : celui d’un shtetl oublié, ou encore aux marges d’Israël, au carrefour d’un quartier orthodoxe et d’une boîte queer de Tel-Aviv…

K. habitait la grande ville depuis des lustres et personne parmi ses amis ne se rendait plus compte qu’il était né à la campagne. Lui-même avait du mal à croire qu’il avait passé les dix-huit premières années de sa vie au milieu des champs, à faire du vélo sur des petites routes où l’on évaluait la distance parcourue grâce aux bornes de pierre rouges et blanches plantées en terre sur le bas-côté…

Michael Blume est, depuis 2018, le commissaire à la lutte contre l’antisémitisme du Land Bade-Wurtemberg. Stuttgart, la capitale de cet Etat du sud de l’Allemagne, est au cœur des débats Outre-Rhin depuis le Printemps dernier car c’est là que s’est formé le mouvement anti-confinement et anti-vaccin aux relents antisémites le plus virulent du pays, ‘Querdenken 711’.  Samuel Petit l’a interviewé pour K.

Dans sa première chronique pour K., Macha Fogel donnait de nouvelles de la florissante presse yiddish hassidique d’aujourd’hui. À l’occasion de cette deuxième adresse, elle réfléchit à ce que le yiddish offre à ceux qui l’utilisent. Est-il une langue de l’entre-soi ou de l’échange, ou bien les deux à la fois ?

Avec le soutien de :

Merci au bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll pour leur coopération dans la conception du site de la revue.

Merci au mahJ de nous permettre d’utiliser sa photothèque, avec le voyage visuel dans l’histoire du judaïsme qu’elle rend possible.