Russie

Il y a les faits : la violence de la force russe qui s’écrase sur l’Ukraine ; il y a les discours : la propagande poutinienne, les appels désespérés de Zelensky qui font feu de tout bois pour recevoir le soutien d’un Occident incapable d’apporter une réponse décisive, et puis la réception de l’Europe, sonnée par l’événement et sommée de réfléchir aux directions de sa politique. Car ce retour de la guerre chez nous dessine déjà des options d’une future intégration européenne. Ces options, irrésistiblement, se construisent autour du signifiant juif et de la mémoire de la Shoah qui irriguent tous azimuts les discours. C’est principalement autour de ce point que Julia Christ propose son analyse, attentive aux mots employés et aux imaginaires déployés de part et d’autre.

Alors que l’Ukraine est légitimement au centre de l’attention du monde entier, K. traduit ce court article publié il y a bientôt une semaine, le jeudi 24 février dernier, par Gabe Friedman dans le Jewish Telegraphic Agency. Sous la forme de réponses à quelques questions simples, le  journaliste américain dresse un portrait succinct de la population juive ukrainienne : sa démographie, sa répartition et ses premières réactions à l’invasion.

La date de publication de cet article marque le quatre-vingtième anniversaire du massacre de Babi Yar commis les 29 et 30 septembre 1941 par les nazis. Près de 34 000 Juifs de Kiev ont été exécutés dans un ravin situé à l’ouest de la capitale ukrainienne. La question de la mémorialisation du lieu, posée dès la fin de la guerre, n’a toujours pas trouvé à ce jour de réponse claire. Lisa Vapné nous donne un aperçu de la longue histoire conflictuelle, foisonnante de péripéties, d’une mémoire qu’il reste encore à édifier sur le lieu même du crime.

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