Skip to content
K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle
Lancement de l'offre jeunesse de K. - Soutenez le projet ici

# 129 / Edito

Une lettre ouverte, titrée « The Elephant in the Room » [L’éléphant dans la pièce], a été lancée au milieu du mois d’août pour « [attirer] l’attention sur le lien direct entre la récente attaque israélienne contre le système judiciaire et son occupation illégale de millions de Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés. » À ce jour signée par près de 2.500 personnes – pour la plupart d’entre elles des universitaires (dont d’éminentes figures de la recherche en histoire juive) et personnalités israéliennes ou de la diaspora américaine – elle a pour double caractéristique de qualifier Israël de « régime d’Apartheid » et de réunir des signataires qui, en général, ne s’accordent pas sur cette qualification. Dénoncer la colonisation d’une partie des territoires de la Cisjordanie est une chose ; faire qu’Israël soit politiquement assimilé à un État pratiquant l’ « Apartheid » à l’instar du régime racial d’Afrique du Sud, en est une autre. Et cela même dans la période de crise intense que connaît aujourd’hui Israël, où l’on a un gouvernement qui porte atteinte aux fondements libéraux et démocratiques de l’État, et qui comprend sans aucun doute des ministres pour qui un régime de discrimination entre Juifs et Arabes ne poserait pas un grand problème. Pensant, à la rédaction de la revue K., que la situation en Israël oblige à prendre parti, mais aussi que les mots employés doivent être pesés, nous avons interrogé des signataires de la pétition, par ailleurs contributeurs de notre revue, sur ce qu’ils pensent de l’usage du mot d’ « apartheid » dans la pétition qu’ils ont signée. Car cet usage ne conduit pas seulement à condamner la conduite actuelle du gouvernement de l’État d’Israël, mais le pays dans la plus grande partie de son histoire même. Ce numéro de K. est exclusivement consacré à ce débat. Le dossier comporte notre point de vue sur l’usage du terme Apartheid, suivi de quatre réponses – de Dan Diner, de Sarah et Guy Stroumsa, d’Abe Silberstein et de Joel Whitebook –  sur la manière dont ils assument, malgré tout, ce terme au cœur de la pétition.