Les Blancs, les juifs et nous est le titre inoubliable du livre d’Houria Bouteldja où la porte-parole du mouvement des Indigènes de la république exhortait les Juifs français à se débarrasser de leur « blanchité » pour qu’ils retrouvent leur condition originelle de non-blanc et cessent de se complaire dans leur rôle de « dhimmis de la République ». Le livre de Bouteldja, en 2016, appartenait à ce que Balázs Berkovits – dans son texte dont  K. publie cette semaine la première partie – déconstruit comme un « simulacre de théorie sociale ». Parodie d’histoire politique et culturelle pourrait-on ajouter, mais qui trouve la plupart de ses développements dans la Critical Race Theory (« Théorie critique de la race ») et les Critical Whiteness Studies (« Études critiques sur la ‘blanchité’ »), disciplines de plus en plus populaires sur les campus américains. Un retour sur les racines de ces thèses s’imposait, pour comprendre la généalogie d’un discours au sein duquel la définition des Juifs comme « blanc » est un enjeu politique et militant majeur. Symptôme caricatural : un tract circulant dans une université américaine en 2017 qui stipulait que « pour en finir avec le privilège blanc, il faut commencer par en finir avec le privilège juif ». Un tel slogan aurait sans doute stupéfié les participants du colloque sur « le nazisme et les lois raciales en Italie » qui s’est tenu le 13 mars 1961 au Teatro Comunale de Bologne. Primo Levi y prenait publiquement la parole pour la première fois… [suite de l’édito]  >>>

Comment les Juifs en sont-ils venus à être définis comme « blancs » par un discours critique en vogue aujourd’hui ? Pourquoi qualifier les Juifs de dominants ou de privilégiés – et Israël d’entité coloniale pratiquant un apartheid motivé par un suprématisme juif et blanc ? Première partie d’un essai de Balázs Berkovits sur la supposée couleur des Juifs…

Lors de l’affrontement avec le Hamas, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a fait hisser le drapeau israélien sur les bâtiments gouvernementaux. Après avoir gouverné avec l’extrême droite, Kurz dirige maintenant une coalition avec les Verts. À l’inverse d’autres leaders d’Europe centrale qui écartent les responsabilités historiques de leurs nations, Kurz tient un discours limpide sur l’implication autrichienne dans la Shoah. Au sein de la communauté juive, la satisfaction prévaut. Mais des personnalités juives emblématiques restent à l’écart de cet engouement pour Kurz.

Le 13 mars 1961, Primo Levi était invité, avec d’autres personnalités de la scène politique et intellectuelle italienne, à parler au Teatro Comunale de Bologne, dans une série de conférences sur « Le nazisme et les lois raciales en Italie ».  Le Musée hébraïque de Bologne consacre une exposition virtuelle à l’impact de cette intervention sur l’opinion publique de l’époque et sa résonnance aujourd’hui.

Les séries ‘Unorthodox’ et ‘Shtisel’ sont des succès mondiaux qui ont fait entrer les haredim dans les foyers. Pour K., Noémie Issan-Benchimol évoque ‘Autonomies’ série dystopique qui imagine Israël scindé en deux : d’un côté, le territoire autonome de Jérusalem dirigé par un groupe religieux ultra-orthodoxe ; de l’autre, un État laïc avec Tel Aviv pour capitale ; d’un côté le pays sioniste et de l’autre le pays théologique.

« Mon combat » de Adolf Hitler (Mein Kampf, traduit de l’Allemand par Olivier Manoni, Fayard 2021) : Un compte-rendu pour K. par Danny Trom.

L’interdiction de l’abattage rituel ne mettrait-il pas en péril l’existence même d’un judaïsme européen ? L’enjeu dépasse le simple confort de la communauté juive : c’est de la pérennité du pacte liant les juifs à la nation qu’il s’agit. Au-delà se jouent l’identité de l’Europe et la place qu’elle entend donner, au XXIe siècle, à ses propres racines hébraïques. Suite de l’essai pour K. de David Haziza sur la shehita en Europe.

Pourquoi l’imagerie du pogrom revient-elle chez certains israéliens lorsqu’éclatent des troubles « intra-communautaire », comme si le pays vivait encore dans la Palestine mandataire ? En revenant sur un épisode des récents évènements, Danny Trom propose une réflexion politique sur les rapports entre majorités et minorités en Israël.

Une certaine pensée postcoloniale est diamétralement opposée à ce que l’on peut considérer comme une politique de gauche, elle relève d’une politique identitaire délirante et serait structurellement anti-juive soutient Horst Bredekamp – le grand historien d’art et fondateurs du Forum Humboldt de Berlin – dans un tribune paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) qui a suscité un écho considérable sur la scène intellectuelle et médiatique allemande. Nous le reprenons dans K., en le mettant en contexte au sein de la controverse où il a vu le jour.

La vocation du Forum Humboldt est d’accueillir des expositions sur les cultures non européennes. Mais ce musée ethnographique est aujourd’hui au cœur d’une controverse concernant la propriété d’œuvres d’art et d’objet obtenus à l’époque de l’empire colonial allemand en Afrique et en Asie. Nous avons voulu, dans cet entretien avec l’historien d’art Horst Bredekamp, en savoir davantage sur une tradition ethnographique allemande oubliée – et en particulier sur la contribution des savants et collectionneurs juifs au sein de cette tradition.

Le monument dédié à la mémoire des victimes de la Shoah prévu pour être installé à Zagreb dans les mois qui viennent est terminé, mais encore conservé dans trois usines différentes. Il faut dire que la controverse, qui témoigne d’une mémoire croate ambiguë à l’égard du passé oustachi et de ses crimes pendant la guerre, est toujours en cours. Que faut-il inscrire sur le monument ? De quel message doit-il être le porteur ?

Un matin froid de février, ils arrivent tous les trois Gare du Nord, le père, la mère et l’enfant qui part en séjour linguistique en Angleterre. Que faire d’autre, en février, si l’on ne skie pas ? Au dîner de la veille, lorsque la question épineuse d’occuper les enfants pendant les vacances a été abordée, il s’est avéré qu’en février, la totalité des parents présents envoyaient leurs enfants au ski ou y allaient avec eux. La mère a ironisé sur leur différence … >>>

À travers quatre discours, se donnent à voir les débats qui agitèrent la France révolutionnaire à l’hiver 1789 lorsqu’elle décida de se pencher sur le cas des Juifs. La question qui préoccupe alors l’Assemblée est simple : les Juifs peuvent-ils être des citoyens comme les autres ? « Oui ! » répondent Clermont-Tonnerre et l’Abbé Grégoire. « Pas encore » nuance le Prince de Broglie. « Jamais » affirme Monseigneur de la Fare…

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Merci au bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll pour leur coopération dans la conception du site de la revue.

Merci au mahJ de nous permettre d’utiliser sa photothèque, avec le voyage visuel dans l’histoire du judaïsme qu’elle rend possible.