À partir d’ici, nous devons poursuivre seuls notre chemin.

Il n’est pas possible de délier la crise que vivent les Juifs de celle que vit l’Europe — et cette dernière vient de prendre un tour décisif. Dans ce texte, prononcé le 19 novembre à Munich, Jürgen Habermas dresse un constat sans appel : l’Amérique qui incarnait une certaine idée de l’Occident n’existe plus. Ce qui s’y déroule — purge de l’exécutif, neutralisation du droit, silence d’une société civile qui réserve son indignation à d’autres causes — est un changement de régime légitimé par les urnes. Pour l’Europe, prise dans une alliance qui a perdu sa cohérence normative, il est temps de tirer un bilan, pour amer qu’il soit, sans perdre toutefois espoir.

 

Jürgen Habermas

 

L’invasion russe de l’Ukraine a provoqué, entre autres, au sein des populations européennes, la prise de conscience tardive d’une situation mondiale profondément transformée. Cette transformation s’était pourtant annoncée depuis longtemps déjà avec le déclin des États-Unis, la superpuissance du XXe siècle. Le changement radical d’humeur au sein de la société civile américaine après le 11 septembre 2001 en était déjà un signe avant-coureur. Ce retournement dans la mentalité d’une population terrorisée a été encore attisé par la rhétorique du gouvernement de l’époque, sous le président George W. Bush et son vice-président, d’un militantisme impitoyable.

Tous semblaient ressentir intimement les dangers du terrorisme international. Dans le sillage de la propagande en faveur de la guerre, contraire au droit international, contre Saddam Hussein et l’Irak, ce changement de mentalité s’est radicalisé et pérennisé[1]. D’un point de vue institutionnel, c’est d’abord le système des partis qui a été affecté par cette mutation. Dès les années quatre-vingt-dix, sous la direction de Newt Gingrich, non seulement les pratiques du Parti républicain se sont profondément transformées, mais aussi la composition sociale de son électorat. Cependant, les tendances à une transformation plus profonde et qui semble désormais difficilement réversible du système politique dans son ensemble ne se sont réellement imposées qu’après que le président Obama eut déçu les espoirs placés dans un changement réel de la politique étrangère des États-Unis.

La Chine veut un ordre mondial sino-centré

Entre-temps, l’affaiblissement de la position internationale de l’ancienne superpuissance est devenu flagrant. Cela vient d’être réaffirmé lors du sommet de l’APEC en Corée du Sud, fin octobre : les alliés inquiets des États-Unis s’efforcent désormais de conclure des accords avec d’autres pays voisins, plutôt neutres ou davantage dépendants de la Chine. Et, après le départ anticipé du président américain, davantage intéressé par des affaires rapides que par la stabilité à long terme de l’influence des États-Unis, c’est le président chinois Xi qui, avec sa promotion d’un concept de société mondiale multiculturelle sous direction chinoise, aurait donné le ton.

Depuis l’adhésion de la République populaire à l’Organisation mondiale du commerce, des gouvernements avisés ont poursuivi l’objectif de faire de leur pays une grande puissance économique. Mais ce n’est qu’avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en 2012, que s’est imposé comme objectif déclaré – et présenté avec une certaine « agressivité défensive » – le projet de remplacer le régime libéral du commerce mondial par un ordre politico-mondial sino-centré[2]. Avec le projet des Nouvelles Routes de la soie, la Chine poursuivait déjà depuis longtemps des objectifs stratégiques et de sécurité plus larges. Les principaux bénéficiaires en ont été la Russie, le Pakistan, la Malaisie et l’Indonésie. Mais, pour les pays en développement ainsi que les économies émergentes, la Chine est probablement devenue, entre-temps, le principal pourvoyeur de capitaux[3]. Ce déplacement de puissance internationale se traduit de façon générale par le fait que, du point de vue géopolitique, les conflits décisifs se concentreront à l’avenir en Asie du Sud-Est.

Il sera intéressant d’observer comment la prise de pouvoir de Trump se répercutera sur la politique intérieure de Taïwan. Mais, indépendamment de ce foyer de conflit, l’affrontement ne se joue pas seulement entre la Chine et ses alliés régionaux, d’une part, et les États-Unis et les États de la région tournés vers l’Ouest – en particulier le Japon, la Corée du Sud et l’Australie – d’autre part. À proximité immédiate, l’Inde poursuit désormais aussi ses propres ambitions de puissance mondiale. Le déplacement des rapports de force géopolitiques ne se reflète d’ailleurs pas seulement dans l’espace pacifique, mais aussi dans l’ascension de puissances moyennes comme le Brésil, l’Afrique du Sud ou l’Arabie saoudite, qui aspirent avec assurance à une plus grande indépendance.

Aux États-Unis est en cours la liquidation, démocratiquement légitimée, de la plus ancienne démocratie de la planète

Désormais, nombre de ces États émergents cherchent à être admis dans le groupement, devenu plus large, et relativement lâche, des pays des BRICS. La fin de l’hégémonie occidentale se manifeste également dans les profondes transformations géo-économiques de l’ordre libéral de l’économie mondiale, créé par les États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[4]. Ce n’est pas que cet ordre du commerce mondial fondé sur des règles – aujourd’hui mis à rude épreuve par Trump lui-même, comme on le voit dans le litige, instructif, sur la livraison des terres rares – puisse être simplement liquidé ; mais peu de choses illustrent mieux les restrictions sécuritaires, désormais courantes, imposées au commerce mondial que la récente décision du gouvernement de l’Allemagne, championne mondiale des exportations, de venir en aide, par des fonds publics, à une industrie sidérurgique allemande devenue non compétitive à l’échelle internationale.

Bien que ces transformations des rapports de force géopolitiques se dessinent depuis longtemps, et bien qu’au début de la guerre en Ukraine une nouvelle élection de Trump n’ait nullement pu être exclue, les gouvernements occidentaux n’ont pas compris, après l’invasion russe, que ce conflit, dès lors que son déclenchement n’avait pas pu être empêché, aurait dû être impérativement réglé pendant le mandat de Joe Biden[5]. Entre-temps, avec le deuxième mandat de Trump, ce qui avait été annoncé depuis longtemps dans le programme de la Heritage Foundation s’est produit : la liquidation, désormais difficilement révocable, du plus ancien régime libéral démocratique, selon un modèle que nous avions déjà connu en Europe avec l’exemple de la Hongrie et d’autres États.

Ces régimes autoritaires d’un genre nouveau ne semblent pas pouvoir être expliqués par les circonstances particulières d’un démantèlement raté des formes de pouvoir post-soviétiques. Ils sont plutôt les précurseurs de la liquidation démocratiquement légitimée de la plus ancienne démocratie au monde et de la mise en place et du développement rapides d’une forme de pouvoir capitaliste libertaire gérée de manière technocratique.

La pusillanimité d’une société civile largement dénuée de résistance

Ce que nous observons aux États-Unis, c’est le même passage d’un « système » à un autre : sans être particulièrement déguisé, il s’effectue néanmoins, compte tenu d’une opposition plus ou moins paralysée, de manière plutôt discrète. La dernière élection démocratique – qui sera peut-être l’avant-dernière – a été le point de départ, annoncé de longue date, d’une rapide extension, arbitraire et autocratique, d’un pouvoir exécutif élagué et purgé.

Trump en abuse sans tenir compte des objections d’un système juridique qui tourne à vide et se trouve progressivement vidé de sa substance par le haut.

Le président a d’abord, par sa politique douanière rigoureuse, accaparé des compétences législatives du Parlement et essayé de restreindre progressivement l’indépendance de la presse et du système universitaire. Il a ensuite intimidé l’opposition en déployant, de sa propre initiative, la Garde nationale dans de grandes villes comme Los Angeles, Washington et Chicago. Leur simple présence signale la volonté du gouvernement d’utiliser, le cas échéant, une armée déjà rendue docile à ses plus hauts niveaux contre ses propres citoyens[6]. Alors que, dans le cadre de l’UE, le système des partis et les élections démocratiques restent encore protégés, même dans des États autoritaires comme la Hongrie (ou naguère la Pologne), leur sort demeure, pour l’instant, incertain aux États-Unis.

La résistance, lorsqu’elle existe, se fait sans frais et est dirigée contre Israël

Après les récents succès électoraux ponctuels des démocrates, Trump cherche à marginaliser et à vilipender l’opposition politique en recourant à la calomnie. Sur le plan extérieur, il ne se soucie pas davantage du droit international, comme le montrent ses interventions militaires arbitraires contre des trafiquants au large des côtes du Venezuela. Le phénomène le plus étonnant – et jusqu’ici non expliqué de manière convaincante – de cette prise de pouvoir insidieuse mais résolue est sans conteste la pusillanimité d’une société civile largement dénuée de résistance, sans parler de la docilité et du conformisme des étudiants et des professeurs qui, peu de temps auparavant, avaient poussé à l’extrême sur leurs campus une résistance qui ne leur coûtait rien contre la prétendue puissance coloniale Israël.

Je ne prétends nullement que nous nous comporterions autrement. Je ne vois, à ce jour, aucun signe convaincant d’un revirement sur la voie empruntée vers un système social politiquement dirigé de manière autoritaire, administré de façon technocratique, mais économiquement libertaire. Car les successeurs possibles de Trump ont plutôt une vision du monde encore plus fermée que celle de ce président pathologiquement narcissique, appâté par les louanges et le « gains » personnels immédiats, qui clairement préférerait être un tycoon et un lauréat du prix Nobel de la paix qu’un responsable politique porteur d’une vision.

Pour les réflexions précédentes, je ne peux invoquer aucune compétence qui dépasserait celle d’un lecteur de journaux. Elles m’intéressent surtout en vue de la question suivante : que signifient pour l’Europe, dans la situation actuelle, le déplacement du poids géopolitique et la division politique de l’Occident, amorcée depuis longtemps ?[7] Dans ce qui suit, je pars du présupposé que, à quelques exceptions près, les gouvernements de l’UE et de ses États membres conservent pour l’instant la ferme volonté de s’en tenir aux fondements normatifs et aux pratiques, rodées en conséquence, de leurs constitutions. Il en résulte comme objectif politique de renforcer leur poids au point que l’UE puisse s’imposer, dans la politique mondiale et au sein de la société mondiale, comme un acteur autonome, indépendant des États-Unis, et sans avoir à faire de compromis contraires à son système avec les États-Unis ou d’autres États autoritaires.

En ce qui concerne la poursuite de la guerre en Ukraine, « nous », si je puis désormais parler à partir de cette perspective européenne, restons toutefois dépendants du soutien des États-Unis, ne serait-ce que parce que nous ne disposons pas de leurs technologies nécessaires au renseignement aérien. Sans le soutien des États-Unis, le front ukrainien ne pourrait pas être tenu. Mais ces États-Unis, qui ne maintiennent plus, du point de vue normatif, le rôle proclamé sous Biden et légitimé par le droit international, de soutien de l’Ukraine, et qui, au mieux, livrent des armes payées par l’Europe (c’est-à-dire, de facto, par la République fédérale), sont devenus, pour leurs alliés, un partenaire imprévisible.

Rien que pour cette raison, nous avons nous aussi intérêt au cessez-le-feu rapide que recherche la direction ukrainienne. Cela a pour l’Europe une conséquence fâcheuse, qui n’a jusqu’ici guère été thématisée. L’UE ne peut pas se distancier politiquement des États-Unis, membre de l’OTAN devenu passif, qui s’est pour ainsi dire replié sur lui-même, alors même qu’il en résulte que « l’Occident » agit encore collectivement, mais ne parle plus, normativement, d’une seule voix. La guerre en Ukraine contraint l’UE à maintenir une alliance avec les États-Unis dans le cadre d’un OTAN qui, en raison du changement de régime engagé par son membre le plus important et jusqu’ici dirigeant, ne peut plus invoquer de manière crédible les droits de l’homme pour justifier son soutien militaire à l’Ukraine.

Quiconque a entendu le récent discours de Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU doit reconnaître que la rhétorique de la légitimation par le droit international, invoquée dès le premier jour du conflit par un Occident alors encore uni pour justifier sa prise de parti en faveur de l’Ukraine agressée, est désormais dévalorisée. Ne reste épargné de cet embarras que le groupe, au-delà de l’UE mais indépendant des États-Unis, de quelque trente États initialement réunis sous la direction de la France et du Royaume-Uni pour soutenir l’Ukraine. Il y a donc une ironie – involontaire, je l’espère – à ce que ce soit précisément ce groupe d’États qui se soit donné, sans y réfléchir, le nom de « coalition des volontaires » – le même nom sous lequel George W. Bush avait, à l’époque, avec l’aide du Premier ministre britannique, mais contre la résistance de la France et de l’Allemagne, rassemblé une coalition pour soutenir son invasion de l’Irak contraire au droit international.

Angela Merkel a froidement ignoré la France. La parole européenne de l’Allemagne était – et demeure – hypocrite

Après cette esquisse de la situation transformée d’un Occident divisé, j’en viens à ma véritable question : dans quelle mesure est-il réaliste de viser une union politique plus poussée de l’UE afin qu’elle soit reconnue, au sein de la société mondiale, non seulement comme l’un des partenaires commerciaux les plus importants sur le plan économique, mais encore comme un sujet politique à part entière, capable de s’affirmer lui-même et d’agir ?

Bien que les États membres les plus récents, à l’Est de l’UE, soient ceux qui réclament le plus bruyamment le réarmement, ils sont les moins disposés à restreindre, en vue d’un tel renforcement commun, leurs propres prérogatives étatiques nationales. Compte tenu de cette logique, l’initiative devrait partir des pays occidentaux au cœur de l’Union – même si, sur ce point, le gouvernement nationaliste de Meloni fait également défaut –, et aujourd’hui, étant donnée la faiblesse actuelle de la France, principalement de l’Allemagne. La mise en chantier d’une défense européenne commune pourrait fournir l’impulsion nécessaire.

Le Bundestag a désormais voté les moyens nécessaires à une expansion et à un renforcement considérables de la Bundeswehr, sans que je m’attarde ici sur la justification discutable invoquant le danger prétendument actuel d’une attaque russe contre l’OTAN. Il reste que le gouvernement fédéral poursuit la construction de « l’armée la plus forte d’Europe » dans le cadre des traités existants, donc en définitive dans les limites de ses prérogatives nationales. Ce faisant, il prolonge la politique européenne hypocrite qu’il pratiquait déjà sous la chancelière Merkel : toujours rhétoriquement favorable à l’Europe, elle avait, au cours des décennies passées, rejeté diverses initiatives françaises en faveur d’une intégration économique plus étroite, en dernier lieu l’initiative pressante du tout nouveau président français Macron.

Mais les eurobonds sont, pour le chancelier Merz aussi – digne fils de Schäuble sur ce point –, une invention diabolique. Il n’existe aucun signe sérieux laissant penser que le gouvernement fédéral entreprenne des démarches sérieuses pour faire advenir une Union européenne capable d’agir sur la scène politique mondiale.

Il est vrai qu’à l’ère d’un populisme de droite qui croît chaque jour dans tous nos pays, un pas de ce type – longtemps manqué – vers une intégration plus poussée de l’UE, et donc vers sa capacité d’action globale, recueillerait encore moins de soutien spontané qu’auparavant. Dans la plupart des États membres occidentaux de l’UE également, les forces intérieures qui militent pour un décentrement ou un démantèlement de l’UE – ou, au minimum, pour un affaiblissement des compétences de Bruxelles – sont plus fortes que jamais. C’est pourquoi je pense qu’il est probable que l’Europe sera moins que jamais en mesure de se découpler des États-Unis, qui ont jusqu’à présent été la puissance dominante. Le défi central sera alors de savoir si elle pourra éviter d’être emportée par leur sillage, et maintenir à l’avenir son identité normative, toujours démocratique et libérale.

Au terme d’une vie politique plutôt privilégiée, je ne tire pas aisément cette conclusion qui, malgré tout, relève de la conjuration : la poursuite de l’intégration politique, au moins au cœur de l’Union européenne, n’a jamais été aussi vitale pour notre survie qu’aujourd’hui. Et jamais elle n’a été aussi improbable.


Jürgen Habermas

Traduction : Julia Christ

Ce texte est le manuscrit, légèrement remanié par Jürgen Habermas pour la Süddeutsche Zeitung, de la conférence que le philosophe a donnée le 19 novembre dernier dans le cadre d’un colloque sur la crise des démocraties occidentales à la Fondation Siemens de Munich.

Jürgen Habermas, né en 1929 à Düsseldorf, compte parmi les philosophes contemporains les plus influents. Il vit à Starnberg.

 

 

Notes

1 La politique de George W. Bush et de son secrétaire d’État m’a conduit à l’époque, à la Northwestern University, à donner un cours d’un semestre sur le droit international ; cf. J. Habermas, „Hat die Konstitutionalisierung des Völkerrechts noch eine Chance? » [La constitutionnalisation du droit international a-t-elle encore une chance ?], in : id., Der gespaltene Westen [L’Occident divisé], Francfort 2004, p. 113-193.
2 Josef Braml, Mathew Burrows, Die Traumwandler [Les Somnambules. Comment la Chine et les États-Unis glissent vers une nouvelle guerre mondiale], Munich 2023, p. 58 sq.
3 Beat Hotz-Hart, Johann Bucher, Hans Werder, Über Systemwettbewerb zu einer neuen Weltordnung? [Vers un nouvel ordre mondial par la compétition entre systèmes ? Un rapport d’étape sur la nouvelle dynamique géopolitique], Berlin 2023, sur la Chine p. 397-498, ici en particulier p. 406-436.
4 Sur la distinction entre géopolitique et géoéconomie, cf. Milan Babić, Geoökonomie. Anatomie der neuen Weltordnung [Géoéconomie. Anatomie du nouvel ordre mondial], Berlin 2025.
5 J’avais déjà insisté sur ce point dans la Süddeutsche Zeitung du 15 février 2023, p. 11 : « Et pour l’administration Biden, le temps presse. Cette seule pensée devrait nous inciter à exiger des efforts énergiques pour engager des négociations. »
6 Jan-Werner Müller, « Trump is turning the military into a political prop » [Trump transforme l’armée en accessoire politique], The Guardian, lundi 17 novembre 2025 (https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/nov/17/trump-politics-military-pentagon-hegseth)
7 Cf. l’essai éponyme in : Jürgen Habermas, Der gespaltene Westen [L’Occident divisé], Francfort-sur-le-Main 2004.

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