Dossier : 7 octobre. Trois ans après.
Trois ans après le 7 octobre 2023, nous republions ici douze textes parus dans K. Retrouver ces analyses permet de revenir sur les questions soulevées par l’événement, mais aussi de mesurer ce que le temps écoulé a permis de comprendre ; et ce qui demeure irrésolu. Ce dossier témoigne du travail engagé par la Revue K. pour penser avec exigence une rupture dont les ramifications continuent de se déployer et de fracturer nos sociétés.
Identité juive et anti-judéité après le 7 octobre : Continuités et ruptures
Les suites du 7 octobre ont profondément reconfiguré les pratiques de l’identité et de la communauté juives, ainsi que la manière dont elles sont perçues par le reste des sociétés occidentales. Dans ce texte, le démographe Sergio DellaPergola livre le diagnostic général de ces mutations, dégageant ainsi les grandes questions qui se posent pour l’avenir des juifs
>>> Lire le texte de Sergio DellaPergola
Publié le 16 avril 2025

Entretien avec Tal Bruttmann. L’historien de la Shoah face au 7 octobre

Après le 7 octobre, les historiens de la Shoah ont été sollicités par les médias pour commenter l’événement. Au-delà de ces sollicitations, beaucoup ont pris la parole directement, notamment dans le monde américain, pour défendre des positions de nature politique. Les tribunes se sont multipliées, donnant lieu à des polémiques au sein du monde académique, […]
>>> Lire l’entretien mené par Stéphane Bou
Publié le 31 janvier 2024
Un massacre, des massacres : les archives du 7 octobre et la mémoire
Dès le lendemain du massacre du 7 octobre, un travail d’archivage et de documentation a été entrepris qui rend compte d’un premier effort pour élaborer et intégrer dans la conscience de chacun l’ampleur de l’événement. Ce travail de mémoire immédiat s’inscrit dans un imaginaire collectif et un ensemble de pratiques testimoniales qui fait remonter à la fois l’histoire de la Shoah et celle des pogroms. Sensible à l’ambigüité de la société israélienne, Frédérique Leichter-Flack interroge les effets de cet entrelacement mémoriel des massacres, entre reviviscence traumatique et ressource pour ne pas se laisser sidérer par la Gorgone.
>>> Lire le texte par Frédérique Leichter-Flack
Publié le 22 novembre 2023

Après le 7 octobre : question palestinienne et question juive

Deux mois après le 7 octobre, Bruno Karsenti s’attache à décrire le tournant que représente un tel événement, pour Israël comme pour la diaspora. Une coordonnée existentielle du monde juif a été touchée, et si la réaction a été immédiate et forte de la part du peuple israélien et de son État, ce qui s’est produit n’en emporte pas moins la nécessité de penser à nouveaux frais les contraintes et les devoirs qui pèsent sur le monde juif tout entier. Ce qui engage aussi, et sans doute avant tout, de considérer la question palestinienne autrement qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.
>>> Lire le texte par Bruno Karsenti
Publié le 6 décembre 2023
Comprendre “l’invalidation traumatique” vécue par les Juifs après le 7 octobre
Qu’est-ce que « l’invalidation traumatique » ? Selon les psychologues Miri Bar-Halpern et Jaclyn Wolfman, c’est un concept qui pourrait décrire adéquatement les effets subjectifs du 7 octobre sur la psyché de nombreux juifs. Leur travail important nous est ici présenté par la psychologue clinicienne Céline Masson.
>>> Lire le texte de Céline Masson
Publié le 8 octobre 2025

L’antisémitisme existe-t-il !? Querelle d’historiens après le 7 octobre…

Pourquoi certains historiens spécialistes de l’antisémitisme refusent-ils absolument toute analogie entre le 7 octobre et les persécutions antijuives historiques ? Matthew Bolton situe ici ce débat aux lourdes implications politiques sur un plan épistémologique, rendant compte des motifs pour lesquels les « historicistes » refusent de concevoir l’antisémitisme comme une « haine éternelle ». Mais il dégage en retour l’impensé de leur méthode, qui finit par dissoudre le concept même d’antisémitisme en faisant oublier sa nécessité historique.
>>> Lire le texte de Matthew Bolton
Publié le 29 janvier 2025
De l’indifférenciation à l’indifférence. Sur les viols de masse le 7 octobre en Israël.
Que dire des crimes sexuels perpétrés par les hommes du Hamas le 7 octobre – documentés un peu plus chaque jour par le travail d’un groupe israélien de gynécologues, médecins légistes, psychologues et juristes du droit international ? Et comment comprendre l’occultation de la violence faite aux femmes ce jour-là par une partie de l’opinion mondiale – supposées « féministes » comprises ? Cette occultation ne revient-elle pas à faire une deuxième fois violence à ces femmes, comme si leur calvaire ne comptait pas et était dépourvu de signification ?
>>> Lire le texte par Julia Christ
Publié le 29 novembre 2023

Le 7 octobre comme non-événement pour la gauche occidentale

Comment expliquer la tendance de la gauche radicale à faire du 7 octobre un non-événement ? Balázs Berkovits revient sur la construction idéologique qui permet d’évacuer la réalité en l’inscrivant dans un scénario manichéen. Si la justice supposée immanente à la cause palestinienne ne peut pas être interrogée par son affiliation à un massacre aux intentions génocidaires, c’est qu’à la critique politique s’est substitué un fondamentalisme moral. Et on peut se demander si, en plus de justifier toutes les atrocités envers Israël, ce dernier n’interdit pas aux Palestiniens de jamais sortir d’une position de victime.
>>> Lire le texte par Balazs Berkovits
Publié le 17 janvier 2024
Lamentation et acharnement : Gaza sans fin
Comment expliquer l’acharnement d’Israël dans cette guerre à Gaza qui n’en finit pas ? Danny Trom se propose ici de l’analyser à partir d’un symptôme : la prolifération post-7 octobre des kinot, ces plaintes poétiques que l’on croyait propres à la tradition exilique. La lamentation israélienne se formule donc dans le langage de l’exil et de son impuissance alors même qu’elle accompagne aujourd’hui la guerre d’un État par lequel les juifs se sont dotés d’une puissance inédite – et donc d’une responsabilité nouvelle. Danny Trom nous invite à réfléchir sur la tension interne à ce paradoxe.
>>> Lire le texte par Danny Trom
Publié le 3 septembre 2025

Que dit la presse yiddish orthodoxe du 7 octobre et de la guerre à Gaza ?

Depuis le 7 octobre, l’enrôlement de jeunes haredim, juifs ultra-orthodoxes, dans l’armée israélienne, n’est plus tabou. Plusieurs rabbins ou directeurs d’écoles religieuses l’ont même encouragé en Israël, dans un monde « noir » traditionnellement non sioniste, qui se différencie de l’univers sioniste religieux. Une partie importante du mouvement hassidique reste cependant imperméable au chant du canon. Le courant hassidique de Satmar, inconnu en France mais puissant aux Etats-Unis, critique même violemment les partis religieux qui soutiennent la guerre. Pour plonger dans leur univers, entièrement yiddishophone, K. présente de longs extraits de leurs journaux.
>>> Lire le texte de Macha Fogel
Publié le 27 mars 2024
Être étudiant juif (depuis le 7 octobre)
Le dimanche 19 janvier se tenait, pour la sixième édition, le salon ‘Choisir l’école juive’, lancé en 2019 par Elodie Marciano. En 2023, K. avait déjà consacré un article à cet événement bousculant le monde institutionnel, et devenu aujourd’hui un rendez-vous incontournable pour tout l’écosystème de l’enseignement et de la jeunesse juifs français. Un an et trois mois après le 7 octobre, nous avons décidé d’y retourner, curieux et inquiets des effets du climat actuel sur les plus jeunes. Entre les stands des mouvements de jeunesse et des grands ensembles scolaires, les images de la libération des otages en boucle sur fond d’Israël Haï, suivez le guide !
>>> Lire le texte par Maëlle Partouche
Publié le 18 mars 2025

7 Octobre : le destin visuel des otages

Les images des crimes du 7 octobre ont suscité, au-delà d’un choc bien compréhensible, de nombreux débats : fallait-il montrer l’horreur que les terroristes du Hamas ont cherché à filmer et à diffuser ? Emmanuel Taïeb interroge ici le destin de ces images et les usages politiques qui en ont été fait, mettant en évidence leur réversibilité et le risque qu’il y aurait à les invisibiliser.