Université de Strasbourg, années noires…

Sur le rapport de la Commission historique pour l’histoire de la faculté de médecine de la Reichuniversität Straßburg

Créée en 1941, suite à l’annexion de l’Alsace-Moselle au Reich, la Reichsuniversität de Strasbourg s’inscrivait dans le projet nazi de germanisation de ses territoires annexés. Que s’est-il passé exactement dans les murs de l’Université quand elle était aux mains des nazis ? On sait par exemple que le directeur de son institut d’anatomie a constitué une collection de squelettes de Juifs assassinés… En 2016, a été mise en place une Commission historique, internationale et indépendante, dont la mission était d’éclairer l’histoire de la Reichsuniversität entre 1941 et 1944. Elle avait notamment pour but d’évaluer l’ensemble des collections médicales de l’Université pour s’assurer qu’aucun reste humain provenant de victimes du nazisme n’y soit encore conservé mais aussi de fournir des préconisations en termes de formation à l’éthique du personnel médical actuel et futur. Retour sur le rapport final de la Commission.

 

Présentation du Rapport final de la Commission historique

 

C’est dans le calme studieux de l’amphithéâtre de l’institut d’anatomie de la faculté de médecine de Strasbourg qu’avait lieu, le 3 mai dernier, la présentation à la presse du rapport final de la Commission historique pour l’histoire de la faculté de médecine de la Reichuniversität Straßburg (RUS). Les membres de la direction de publication sont prêts à prendre la parole[1]. On aperçoit des piles de cartons contenant le fameux rapport. Sur sa couverture, la photographie du discours inaugural de la faculté de médecine de la RUS par son doyen Johanne Stein dans l’amphithéâtre de la Médicale II. Date : le 24 avril 1941. L’imprimé est lourd de ses cinq cents pages d’enquête menée par la quinzaine d’experts issus de différentes disciplines qui ont passé au peigne fin les vieilles collections de la faculté de médecine. Mais les chercheurs ne se sont pas arrêtés là. Ils ont remonté toute une série de pistes en France, en Allemagne et dans plusieurs autres pays. Leur but ? Faire la lumière sur la période la plus sombre de l’établissement strasbourgeois. La création de la Commission, en septembre 2016, fait en effet suite aux travaux de Raphaël Toledano qui révélait dans sa thèse de doctorat en médecine[2] les expérimentations médicales criminelles réalisées par Eugen Haagen au camp de Natzweiler-Struthof. Il énumérait alors pour la première fois le nom des 189 victimes Roms du virologiste nazi. Quelques années plus tard, Raphaël Toledano réalisera, aux côtés d’Emmanuel Heyd, Le nom des 86 – film par lequel le public français a découvert l’abominable projet de collection de « squelettes juifs » d’August Hirt, nommé directeur de l’institut d’anatomie de la RUS à l’été 1941.

Et l’université devient allemande…

Pour mieux comprendre les enjeux d’un tel rapport, revenons d’abord au contexte historique local. Fin août 1939, la faculté de médecine de l’Université de Strasbourg est évacuée et transférée à Clermont-Ferrand où les étudiants peuvent poursuivre leur formation théorique. La pratique, quant à elle, se fait à Clairvivre en Dordogne. Mais pendant ce temps, à Strasbourg, un an après l’annexion de fait, le régime nazi inaugure la troisième Reichuniversität d’Allemagne (les deux autres se trouvent à Prague et à Posen). La réouverture complète de l’Hôpital civil, qui se nomme désormais Bürgerspital, prend un certain temps et il faut attendre novembre 1941 pour que la Reichuniversität Straßburg soit pleinement investie par la hiérarchie allemande. Celle-ci entend y tirer profit de sa position alsacienne, aux portes de l’Europe occidentale, pour en faire une des vitrines du « génie » national-socialiste.

Cours inaugural de la faculté de médecine de la RUS par le doyen Johannes Stein (au pupitre) dans l’amphithéâtre de la clinique médicale B (Medizinische Abteilung I), 24 novembre 1941 © Süddeutsche Zeitung

Jusqu’au printemps 1943, l’entreprise suscite l’euphorie chez un grand nombre d’Allemands et d’Alsaciens germanophiles. Pour la plupart d’entre eux, la coopération avec les instances allemandes consiste d’abord à composer avec une nouvelle hiérarchie. La période d’insouciance est cependant de courte durée. En 1943, l’entrée en guerre des États-Unis, les défaites sur le front russe et le bombardement de Strasbourg en novembre viennent ternir le tableau et s’accompagnent d’une répression politique massive. Christian Bonah écrit : « Si en 1941, la participation aux actions nationales-socialistes est un moteur d’avancement de carrière, à partir de 1943, la non-participation est interprétée de plus en plus comme une distanciation ou un refus. »[3]

C’est au cours de cette même période que les pratiques de recherche médicale se radicalisent et qu’August Hirt, Eugen Haagen et Otto Bickenbach réalisent la plupart de leurs projets d’expérimentation humaine criminelle qui vont durer jusqu’en novembre 1944. Quand Strasbourg est libérée, l’université française réintègre ses locaux, à temps pour la prochaine rentrée de septembre 1945. Le cours des choses revient à la normale – ou presque…

Le retour d’une histoire occultée

Avant la présentation à la presse du rapport final de la Commission historique pour l’histoire de la faculté de médecine de la Reichuniversität Straßburg (RUS) du 3 mai 2022, l’étudiant strasbourgeois contemporain n’avait jamais eu l’occasion de s’interroger sur les sombres années traversées par son université ; et cela en dépit des déclarations officielles de l’Université de Strasbourg[4] au moment du scandale provoqué par des passages du livre de Michel Cymès, Hippocrate aux enfers[5]. Occultées, celles-ci ressurgissaient parfois, sans crier gare, au détour de l’emprunt d’un vieil ouvrage : un tampon témoignant alors du passé nazi des murs de l’institution.

Amphithéâtre d’autopsie avec la nouvelle table d’autopsie et le carrelage récemment posé (1941/1942). Lieu d’exercice du professeur Friedrich Klinge de 1941 à 1944. Source : Adalbert Erler: Hochschulführer der Reichsuniversität Straßburg. Straßburg: Universitätsdruckerei Heitz & Co 1942, p. 113.

Frédérique Neau-Dufour, directrice du Centre européen du résistant déporté et membre de la Commission, le souligne, l’éclaircissement historique est d’abord venu d’Allemagne, grâce au premier long travail d’enquête[6] du journaliste Hans-Joachim Lang qui est parvenu à nommer les 86 victimes d’August Hirt. Mais, comme le rappelle l’historienne dans le rapport, il faudra malgré tout attendre près de 70 ans pour que « la dimension mémorielle du camp principal de Natzweiler-Struthof coïncide à peu près avec sa dimension historique. »[7] Aujourd’hui, une même question revient : pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Après la conférence de presse officielle, lors de la présentation publique du rapport à l’incontournable « salle blanche » de la librairie Kléber, deuxième événement de cette journée du 3 mai 2022, les membres de la Commission n’attendent pas que la question leur soit posée pour y répondre. Les intervenants commencent par insister sur la complexité et la singularité du cas alsacien, territoire annexé de fait, dans le contexte de sortie de guerre, mais ne se limitent pas pour autant au discours consensuel qui, après avoir longtemps bercé des générations d’étudiants, avait fini par étouffer chez eux tout espoir que lumière soit faite un jour. Christian Bonah le reconnaît : « On ne peut pas dire qu’on ne savait pas. Et de manière plus générale, il est difficile de ne pas reconnaître le fait que l’Université de Strasbourg a nié, pendant des années, la présence dans ses collections de restes humains liés aux recherches criminelles nazies. » Et de rappeler, une fois ce fait posé, que la mission endossée par la Commission ne consistait pas à se faire juge de l’attitude de l’institution française au cours des dernières décennies mais de mener une enquête approfondie et interdisciplinaire pour découvrir ce qui s’était vraiment passé dans le « village » du Bürgerspitat.

Morceau de papier inséré à la place d’une lame et indiquant que la lame manquante se trouve dans la collection privée du professeur Klinge © CHRUS
Quand les historiens s’emparent du travail de mémoire

Dans la préface du rapport, Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine, cite Simone Veil et rappelle que le seul devoir est celui d’enseigner et de transmettre ce que l’histoire nous apprend. Le devoir de mémoire ne se dit pas mais il se fait. C’est ce que nous montre la Commission. Et quand on lit le protocole d’enquête du rapport, on saisit mieux l’ampleur de la tâche accomplie : il s’agit d’une véritable reconstitution du fonctionnement de la Reichuniversität Straßburg couplée de recherches biographiques individuelles détaillées portant à la fois sur le personnel médical et les victimes. Le rapport est extrêmement circonstancié sur les pratiques scientifiques engagées – avec une reconstitution précise des recherches menées – sur les expérimentations médicales réalisées, comme sur l’organisation de l’université, le fonctionnement de son administration et ses liens avec le camp de Natzweiler-Struthof. C’est un travail à plusieurs échelons qui permet de mieux saisir les paradoxes et les nuances d’un champ de tensions, trop souvent esquissé à gros traits, opposant caricaturalement résistance et collaboration. Tout alsacien le sait : les silences familiaux sont aussi lourds que l’ambivalence des attitudes pendant la guerre. Pour exemple, le retour de nombreux alsaciens encouragés par les autorités nationales-socialistes, après l’Évacuation en 1939. Près de 40 % de la population alsacienne a ainsi travaillé pour le Troisième Reich pendant la guerre. Fait que peu de travaux ont traité jusqu’à présent. Les auteurs du rapport ont fait autrement : en incarnant cette question dans les biographies du personnel de la RUS, ils sont parvenus à typologiser cinq motifs-attitudes-types formant un continuum entre « deux attitudes, théoriquement antagonistes [Résistance/Collaboration], (mais) souvent plus complexes, plus nuancées (qui) évoluent dans le temps, se transforment et se retournent. »[8]

La troisième partie du rapport, intitulée « Les cliniques au quotidien. Disciplines, personnels, enseignements et soins » permet au lecteur de se figurer avec une précision désarmante le fonctionnement de chacun des services de la RUS. L’examen d’ensemble et l’étude des dossiers médicaux a permis le catalogage systématique du fonds de la clinique psychiatrique. Il s’agissait en tout premier lieu de déterminer l’implication de la RUS et des asiles de Hoerdt et de Stefansfeld[9] dans les « euthanasies » nationales-socialistes. Si les institutions alsaciennes n’en ont pas été le cadre, « la clinique a néanmoins rempli une fonction importante dans la dialectique « de la guérison et de l’élimination » ainsi qu’une fonction non négligeable de sélection et de répartition »<footnote>Léa Münch, « La clinique psychiatrique et ses patients », Op. Cit., 72.</footnote> des patients vers des établissements où une mort précipitée était certaine.

Recherche médicale forcée à la clinique dermatologique de la Reichsuniversität Strasbourg (1944)[10] © CHRUS

Du côté de la pédiatrie, l’analyse des archives de la clinique infantile dirigée par le Professeur Kurt Kofmeier a permis à la Commission d’écarter l’hypothèse de recherche ou de traitement criminels. En revanche, il est indéniable que tout en assurant des soins de « santé ordinaire », la clinique infantile strasbourgeoise a joué un rôle clé dans la mise en œuvre de la « pureté raciale » d’une population précieuse aux yeux du personnel investi dans l’organisation des Lebensborn[11]. Concrètement, cela s’est traduit par un impératif de rééducation culturelle et d’intégration d’enfants alsaciens dans des familles allemandes.

D’autres services de l’hôpital sont passés en revue, au point de plonger le lecteur dans une véritable immersion historique. Pourtant, les auteurs ne font ici que poser le cadre du cœur de leur enquête : la réalisation de crimes médicaux et l’existence de collections de restes humains dans les fonds de la faculté de médecine de Strasbourg.

Activités scientifiques et criminelles

L’objectif est clair : démêler, après l’effroi des révélations de la « collection des 86 », ce qui s’est fait au sein de Reichuniversität Straßburg et effectuer le relevé détaillé des traces laissées par ces activités scientifiques et criminelles. Et c’est bien la prise en compte des deux qualificatifs qui donne toute sa valeur au travail. En effet, les auteurs constatent, avec une neutralité troublante pour le lecteur qui n’y serait pas habitué, que la plupart des thèmes de recherche nationales-socialistes n’avaient rien d’obsolète ou d’aberrant pour l’époque. Ce qui les caractérisent, en revanche, c’est leurs visées politiques, démographiques et sanitaires profondément racistes en plus d’une pratique de recherche d’une brutalité extrême qui occulte totalement l’humanité des sujets. Les auteurs sont sans appel : les expérimentations humaines au gaz moutarde d’Auguste Hirt et Karl Wimmer au camp de concentration de Natzweiler étaient bien scientifiques et criminelles. Les expériences au phosgène d’Otto Bickenbach étaient scientifiques et criminelles. Les essais de vaccin contre la fièvre jaune effectués par Eugen Haagen sur des détenus vivants du camp de sûreté de Schirmeck et ses expériences sur le typhus sur des centaines de détenus de Natzweiler étaient, elles aussi, scientifiques et criminelles.

Photographie des bocaux de la période de la Reichsuniversität Strasbourg, montrant les bocaux rectangulaires et le papier à en-têtes de la Reichsuniversität Strasburg, ainsi que les pinces métalliques utilisées pour fixer les fiches sur chaque bocal. © CHRUS

S’il fallait des arguments supplémentaires, Florian Schmaltz reconnaît, lors de la présentation publique, que la médecine du travail a continué des dizaines d’années après la fin de la guerre à utiliser certaines données produites par Otto Bickenbach sur la toxicité du gaz phosgène, notamment parce qu’il s’agit d’une substance présente dans certains types de plastiques et que les tests ne peuvent être reproduits sur les animaux. La déclaration fait froid dans le dos. Ce scandale n’a éclaté qu’en 1988, quand le grand public a pris connaissance du fait qu’une agence américaine environnementale s’était servie de ces mêmes données. Les auteurs du rapport ne feignent pas l’optimisme et préviennent : rien n’empêchera les limites éthiques d’être à nouveau transgressées de manière semblable, différente ou inédite. Faut-il rappeler qu’à l’époque déjà, une règlementation éthique élaborée devait encadrer les pratiques ?

Les leçons à tirer

C’est ici le deuxième pas de l’enquête historique comme pratique du devoir de mémoire. Après avoir nommé les victimes et reconstitué leur biographie à chaque fois que les sources le permettaient, la Commission met la communauté scientifique face à une responsabilité collective cruciale : l’éthique. Les auteurs avertissent : les protocoles expérimentaux qui ont causé ces morts n’étaient pas le fruit de l’imagination de « savants fous » mais étaient établis avec la rigueur d’éminents universitaires. En s’attelant au devoir de mémoire, les membres de la Commission entendent aller au-delà de la dimension morale et tirer les leçons pratiques des événements historiques étudiés. Les auteurs insistent, les risques épistémiques de transgression des normes éthiques dans la recherche biomédicale n’ont pas disparu. Au contraire, ils existent avec une acuité qui grandit à mesure que les études médicales et pharmaceutiques s’internationalisent dans des régions marquées par les inégalités socio-économiques. Les normes restrictives et dispositions légales ne suffisent pas à prévenir les pires transgressions. Pour les éviter, il faut que chaque professionnel de la médecine et des sciences passe par l’examen critique et spontané de ses propres actes. C’est pourquoi la publication du rapport marque aussi la création de nouvelles formations pour les étudiants en médecine et le lancement d’une base de données en ligne participative compilant les fiches biographiques de l’ensemble des acteurs de la Reichuniversität Straßburg.

Sur la page d’accueil du site Internet[12] figure l’inscription du mémorial pour Walter Benjamin : « Il est plus difficile d’honorer la mémoire des anonymes que celle des personnes célèbres. La construction historique est dédiée à la mémoire des anonymes. » L’avenir nous dira si le numérique parviendra à incarner l’histoire, celle de centaines de patients et de victimes mais aussi d’étudiants, de médecins et de chefs de clinique en poste entre 1941 et 1945. Une histoire que l’université strasbourgeoise a choisi d’assumer, aussi difficile soit-elle à regarder en face, et qui ouvre la voie à d’autres enquêtes aussi nécessaires que celle-ci.


Maëlle Partouche

Maëlle Partouche est doctorante à l’Université de Strasbourg et à l’École des Hautes Études en Sciences sociales. Sa thèse porte sur les rapports entre sionisme et judéité en France et aux États-Unis.

Notes

1 Christian Bonah, professeur d’histoire des sciences de la vie et de la santé à l’Université de Strasbourg, Florian Schmaltz, docteur en histoire contemporaine et des sciences au Max Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin et Paul Weinling, professeur d’histoire de la médecine à l’Université d’Oxford Brooke, accompagnés de Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg.
2 Raphaël Toledano, « Les expériences médicales du professeur Eugen Haagen de la Reichsuniversität Strassburg : faits, contexte et procès d’un médecin national-socialiste » (Strasbourg, Université de Strasbourg, 2010).
3 Christian Bonah, « Les Alsaciens à la Medizinische Fakultät de la Reichuniversität » In « La faculté de médecine de la Reichsuniversität Straßburg et l’hôpital civil sous l’annexion de fait nationale-socialiste. 1940-1945. Vie des cliniques au quotidien, expérimentations humaines criminelles, collections médico-scientifiques, biographies des victimes et du personnel de la faculté de médecine et préconisations concernant les politiques mémorielles. » (Strasbourg: Commission historique pour l’histoire de la faculté de médecine de la Reichsuniversität Straßburg. 2017-2022, 1 mai 2022), 150.
4 https://www.unistra.fr/uploads/media/Hippocrates_aux_enfers_met_en_cause_notre_honnetete_intellectuelle.pdf (page consultée le 20 mai 2022)
5 Cymes Michel, Hippocrate aux enfers : les médecins des camps de la mort (Paris: Stock, 2015).
6 Hans-Joachim Lang, Des noms derrière des numéros. L’identification des 86 victimes d’un crime nazi. Une enquête (Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg, 2018).
7 Frédérique Neau-Dufour, « Natzweiler : une mémoire franco-allemande et européenne », Op. Cit., 467.
8 Christian Bonah, « Les Alsaciens à la Medizinische Fakultät de la Reichuniversität », Ibid., 150.
9 Ancien couvent, l’hôpital de Stefansfeld est transformé en asile d’aliénés dans les années 1830. Un peu plus de trente ans plus tard, le Centre hospitalier de Hoerdt en devient l’annexe avant d’acquérir son indépendance médicale et économique en 1912. Depuis 1999, les deux établissements forment une seule entité et ont fusionné avec l’hôpital psychiatrique de Brumath. Les trois hôpitaux s’appellent désormais Établissement Public de Santé Alsace Nord (EPSAN). Source : Jérémy Arbogast et Noémie Mérieau, Les hôpitaux psychiatriques de Brumath, Hoerdt et Erstein. État des sources, Archives départementales du Bas-Rhin, 2018.
10 La personne soumise à l’expérimentation est forcée de se coucher sur le ventre afin d’exposer son dos, inaccessible au grattage, aux piqures des punaises que l’expérimentateur y dépose. Le cercle indique une zone de réaction inflammatoire œdématiée. Crédit : Gabbert, Beitrag, 1944, p. 6. Grâce à la documentation photographique des séries d’expériences, des sections d’un film pour diapositives en positif furent collées au sparadrap dans le mémoire de thèse. Diapositives numérisées. 
11 « Fontaine de vie » en vieil allemand, ces maternités, créées sous l’Allemagne nationale-socialiste, avaient pour but d’accélérer la production d’individus correspondant à la « race aryenne ». Après avoir subi une sélection raciale stricte, les femmes enceintes de soldats SS ou allemands accouchaient dans l’anonymat. Leur enfant était ensuite placé dans des familles, elles aussi soigneusement sélectionnées. On estime qu’environ 20 000 enfants sont nés dans ces maternités SS.
12 https://rus-med.unistra.fr/w/index.php/Accueil (page consultée le 20 mai 2022)

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