Les Juifs et l’Europe, hier et aujourd’hui. Et demain ?

Avec la revue K. s’est ouvert il y a juste un an un espace d’exposition et de débats qui prend la condition des Juifs d’Europe à bras le corps et s’en sert comme d’un prisme pour repenser la situation européenne. Elle se fonde sur le diagnostic d’une double crise, attestée par l’antisémitisme et l’inquiétude quant au maintien d’une présence juive en Europe d’une part, quant à la difficulté pour l’Europe de définir son horizon politique d’autre part. Elle part de la conviction que, sans se confondre, les deux crises ont partie liée et doivent être traitées ensemble pour qu’une issue se dessine. Ce texte est la version augmentée de celui paru dans le premier numéro.

 

Paul Klee, Le Funambule, 1923 © Wikipedia commons

 

Modernité juive

Le long XIXe siècle fut le siècle de l’émancipation des Juifs en Europe. Le mouvement eut plusieurs foyers et se diffusa dans toutes les directions. Des Lumières françaises, de leur version allemande qu’est l’Aufklärung en passant par la Haskala -les Lumières juives qui prirent leur essor en Allemagne et s’étendirent à l’Est – les barrières commencèrent à s’abaisser, puis finirent par tomber. C’est ainsi que les Juifs se sont engouffrés dans le tournant moderne de l’histoire européenne. Ce processus finit par les intégrer au sein des États modernes en formation, à l’Ouest de l’Europe d’abord, puis au Centre. Le coup d’envoi fut donné par la Révolution française qui émancipa abruptement les Juifs, avant que l’émancipation ne s’impose aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, puis progressivement en Italie, dans les pays germaniques, l’Empire austro-hongrois et l’Allemagne en voie d’unification. Plus à l’Est , dans le grand espace dominé par l’Empire des tsars, de la Baltique à la Mer Noire – Pologne, Pays Baltes, Ukraine, Biélorussie, Roumanie – là où la population juive était la plus nombreuse et la plus dense, le chemin fut considérablement entravé. Il prit une trajectoire bien plus sinueuse, alternant les amorces timides et les régressions brutales, jusqu’à ce que la donne soit modifiée par la révolution soviétique.

Sur un temps assez long, qui coïncide pour eux avec le fait de devenir modernes, la condition des Juifs en Europe était donc disparate. Elle l’était à la mesure des divisions du continent, où coexistaient des Monarchies constitutionnelles, des Républiques, des Empires en voie de réforme, ou bien obstinément figés à un stade semi-féodal. Plusieurs figures se détachaient dans cet espace bigarré. D’un côté, on comptait des Juifs nationalisés, c’est-à-dire des « individus juifs », citoyens intégrés dans leurs États et disposant de droits civils, politiques et sociaux à égalité avec les autres citoyens. A l’autre pôle, on trouvait des Juifs encore insérés dans les communautés traditionnelles qui s’étaient structurées au Moyen-âge et dont les formes, quoiqu’affaiblies, persistaient. Ces Juifs étaient considérés collectivement comme les sujets du souverain, suspendus aux privilèges temporairement octroyés et aux protections toujours rétractables, ce qui les exposait aux déplacements forcés et aux persécutions. Enfin, nombre de Juifs étaient apparus qui n’étaient ni l’un ni l’autre : ils étaient révolutionnaires, la révolution revêtant dans leur cas différentes versions. Ils s’orientaient soit vers une révolution nationale juive dans un cadre européen, soit vers une révolution mondiale dont ils seraient partie prenante – la polarité admettant toute une gamme d’intermédiaires et de compositions. À l’intérieur de ce triangle, les profils variaient encore en fonction des domaines d’activité que la mobilité sociale croissante avait considérablement élargis. Les Juifs modernes savants côtoyaient les Juifs traditionnels de l’étude ; des ouvriers, des paysans, des entrepreneurs en science, en arts, en industrie, en finance, venaient peupler ce grand ensemble aux contours de plus en plus difficiles à tracer. Toutes ces figures coexistaient, mutaient, s’interpénétraient, se contaminaient, parfois se séparaient et s’opposaient durement. Les poussées d’assimilation et les conversions alternaient avec les retours et les réajustements, eux-aussi de tournures très diverses. Sous tous ses aspects, le monde juif contribuait à faire vibrer l’Europe.

Trois césures

Le XXe siècle vit le continent européen s’autodétruire à travers deux guerres mondiales. Les nations s’affrontèrent et la chute des empires toucha sa fin. Or on peut dire que ce siècle fit plusieurs fois césure pour les Juifs.

La Grande Guerre fut la première. Elle avait cela d’inédit qu’elle divisait les Juifs en camps adverses, sur un mode qu’ils n’avaient pas connu auparavant. Les lignes de front qui déchiraient l’espace européen prenaient pour eux une curieuse signification : elles leur imposaient de penser leur engagement en fonction de la nationalisation qui les avait tous affectés, mais qui avait pris des sens différents, voire antagoniques, selon le pays où ils se trouvaient. Pour la première fois, il arrivait que des Juifs s’affrontent à d’autres Juifs comme à des ennemis dans un conflit qui les concernait tous, et qu’ils ne regardaient plus comme une scène s’imposant à eux du dehors et étrangère à leur propre histoire. C’est alors le sens qu’ils donnaient au fait d’être des Juifs nationaux – « Français juifs » ou « Juifs allemands », mais aussi anglais, italiens, autrichiens ou russes, avec à chaque fois un positionnement requis – qui se trouvait rejoué dans l’épreuve. Pour tous, et pas seulement pour les plus lucides, un nouveau genre d’autoexamen et une nouvelle manière de se rapporter à l’Europe se profilaient. Il en résulta une crise de la conscience juive, marquée par une intensification des tendances les plus contradictoires. En particulier, les courants révolutionnaires s’accusèrent, au sein desquels le sionisme s’était déjà fait toute sa place. Jamais, sinon dans l’entre-deux-guerres, les positions n’avaient été aussi écartelées au sein du peuple. Pour la même raison, c’est aussi à ce moment que la question juive au sens moderne atteignit sa formulation la plus aiguisée, si du moins on la considère comme la question que chaque Juif se pose forcément à lui-même là où les aléas de l’exil l’ont jeté.

La Seconde Guerre mondiale représenta une autre césure, plus profonde, dont les implications étaient contraires à la précédente. A la division et à l’éclatement succéda l’unification la plus brutale. On vit l’Allemagne nazie, alliée à une partie des forces politiques en Europe, mener une guerre d’extermination contre tous les Juifs, sans distinction, où qu’ils soient et quelle que fût leur condition. Ce ne sont pas seulement les statuts sociaux et les différences de classes qui perdaient de leur signification, ce sont aussi les différences nationales, et donc le mouvement même par lequel les Juifs s’étaient faits modernes et européens. La Shoah égalisa les Juifs entre eux en les séparant de tous les autres citoyens partout où l’Allemagne put étendre sa domination. Elle les égalisa en ce que, désormais, tous étaient visés et voués au même sort, sans exclusive, c’est-à-dire en tant qu’ils formaient un seul et même peuple. La scène, dans la modernité, était là encore inédite : un peuple sortait soudain des cadres nationaux dans lesquels il s’était coulé pour retrouver son unité transnationale sous le visage de la cible potentielle et de la victime actuelle. Il était inévitable que, rétrospectivement, la nationalisation européenne en sortît pour le moins entachée. Que signifiait-elle d’autre, pour les Juifs, qu’une fausse promesse, prélude mensonger à leur destruction ? Une chose était certaine : plus jamais l’émancipation qu’elle avait prétendue réaliser ne pourrait être perçue avec le même éclat. En tout cas tant qu’on s’en tiendrait à l’Europe.

Puis vint la naissance de l’État d’Israël, résultat différé de l’utopie sioniste, précipité au sortir de la guerre par la disparition des deux tiers de la population juive du continent, et l’exigence de trouver un lieu propre, à l’abri de la persécution. Là aussi, il y eut évidemment césure. Mais celle-ci fut très différente. Car cette fois, la disparité et l’égalité se composaient sans se contredire. Le reste du peuple, c’est-à-dire les survivants qu’étaient au fond tous les Juifs européens, se répartissait en deux blocs:  le reste des Juifs demeurant en Europe, le flux des Juifs la quittant. Pour les Juifs du départ, Israël n’était pas la seule destination possible, ni même peut-être la plus sensée d’un strict point de vue pragmatique. Mais elle présentait cet avantage d’être proprement juive, et donc de rendre tangible l’unité du peuple sous la forme exactement contraire à celle qui venait de s’éprouver par l’homogénéisation nazie. Elle représentait l’alternative désormais praticable à la solution nationale européenne, qui avait figuré pour les Juifs le risque de leur destruction complète. Mais Israël n’est pas ce que le rêve sioniste des premiers temps avait projeté, le rassemblement de tout le peuple sur une même terre. Il est l’un des centres juifs, distinct des autres centres par l’ouverture qu’il représente pour tous, l’option de sécurité qu’il offre à tous les juifs dispersés dans le monde, et donc diversement nationalisés dans leurs États respectifs. Israël et la diaspora forment ainsi la bipolarité moderne du monde Juif, qu’on soit sioniste ou pas. C’est là la configuration objective de l’expérience de tous les juifs, qui articule leurs nationalités et leurs conditions plurielles avec leur nouvelle égalisation, sous un rapport bien particulier. Tous, également, peuvent rejoindre l’État juif s’ils le veulent et pour autant qu’ils en ressentent la nécessité.

La Shoah et la création de l’État d’Israël se sont enchaînés en l’espace d’une poignée d’années, comme deux événements qui, l’un et l’autre séparément et les deux pris ensemble, défiaient aussi bien l’histoire traditionnelle des Juifs que l’histoire des nations non-juives. Pourtant, ils n’étaient que les prolongements de deux tendances qui s’étaient accentuées tout au long du XIXe siècle : l’apparition d’un antisémitisme moderne, militant, dont le nazisme fut finalement le point d’orgue, et duquel la formulation de la solution sioniste, à l’Ouest, avait procédé ; l’apparition d’une conscience nationale juive modernisée à l’Est de l’Europe, qui oscillait quant à elle entre une solution nationale juive européenne (arc-boutée sur le droit des minorités nationales) et la solution sioniste. Entre l’Est et l’Ouest, la synthèse s’était finalement opérée. La Shoah avait plongé les juifs dans la même condition, elle avait comme arasé les différences significatives. L’État d’Israël renversait cette condition, mais sans récuser son égalité. De surcroît, il le faisait en permettant à la diaspora de persister sans cesser d’être elle-même, c’est-à-dire en poursuivant, en dépit de ce qui était arrivé, la dynamique de l’émancipation dans les nations modernes. Et donc, particulièrement, en Europe.

Le résultat fut une relance conditionnelle, appelée à la lucidité et à la vigilance, mais aussi à l’engagement pour l’Europe et en Europe. Le reste des Juifs européens pouvait, à nouveaux frais et à l’aide de nouvelles coordonnées dont Israël, quoi qu’on en veuille, fait partie, se penser comme juif et comme européen, reprendre sa trajectoire – ce qu’il fit notamment en France, dont la démographie juive s’accrut par les vagues de la décolonisation et l’intégration des juifs d’Afrique du Nord dans les années 60 – et participer de l’œuvre commune des nations en voie de reconstruction et d’intégration.

 Un point de vue dans la crise

Aujourd’hui, nous sommes appelés à reprendre le diagnostic de la situation à la lumière de ces trois césures successives qui délimitent encore notre condition de Juifs européens. Car ce n’est pas seulement l’histoire des Juifs, mais l’histoire de l’Europe qui atteint un moment critique suscitant le réexamen.

Aussi loin qu’on retrace son émergence, l’Europe a toujours été un continent aux contours flous. Au XVIIème siècle, elle acquit dans le cadre dit Westphalien une cohérence en forme d’équilibre de forces concurrentes, et cette forme subsista en dépit des conflits incessants qui ne cessèrent de la traverser. Mais l’Europe était déjà autre chose, au moins depuis la Renaissance, à savoir un territoire imaginaire et un idéal d’existence. La modernité, entre le XVIIIème et le XIXème siècle, a fait confluer l’imaginaire et le réel, les modifiant tous deux par la synthèse nouvelle qu’elle leur offrait. C’est le sens pris par les Etats-nations d’Europe, entités politiques qui se savent emportées dans un même mouvement civilisationnel d’intégration culturelle et de démocratisation sociale et politique. Maintes régressions, déviations et échecs ont marqué ce mouvement. Les nationalismes, les alliances et les contre-alliances, l’expansion coloniale et les politiques de puissance ont abouti finalement au désastre, mais ni l’idéal commun ni l’effort de convergence n’ont sombré. L’Europe comme terreau de la modernité est demeurée une représentation active par-delà les épreuves et les démentis. Elle dessine un horizon atteignable, une certaine idée de l’humanité qui parvient à amalgamer association paisible, développement de la créativité humaine, pensée rationnelle, prospérité généralisée, libération de tout assujettissement et respect de droits de l’homme. En devenant une union politique de format inédit, fonctionnant comme un attracteur pour ceux des États qui se reconnaissent dans son projet et comme puissance législative de degré supérieur s’imposant à eux, elle est entrée dans une ère nouvelle, d’où paraissait découler quelque chose comme une pérennité.

Depuis les années 90, c’est le contraire qui est en train de se produire. Alors que la constitutionnalisation avance, l’attraction faiblit. Les réticences se muent en reniements, les critiques se durcissent jusqu’au rejet, se soldant dans certains cas par la sécession. La crise à laquelle on assiste aujourd’hui, chacun en convient, est profonde. C’est que ses effets s’étendent aux représentations fondamentales dont on n’avait cessé de se nourrir et à l’aide desquelles on pensait avoir eu raison des failles du passé.

Dans cette situation instable et fragilisée, le « nous » des Juifs d’Europe se détache comme un collectif uni par un point de vue sur ce qui est en train de se produire sous nos yeux. Dix millions en 1939, les Juifs étaient moins de quatre millions en 1945, à quoi succéda immédiatement la décrue due aux départs de l’après-guerre. Depuis, leur nombre n’a cessé de baisser, à l’exception de quelques phases de repeuplement, plus ou moins marquées selon les pays. La chute de l’Union soviétique en 1989 signa encore une autre baisse subite et, depuis le début des années 2000, les départs réguliers, dans des proportions plus modestes, affectent l’Europe de l’Ouest sans discontinuer. Au bout du compte, on est en présence d’un « nous » numériquement réduit — autour d’un million et demi —, mais qui n’en procède pas moins, par son ancrage historique et par sa diversité interne, de toutes les expériences européennes cumulées. Juif et Européen, la conscience diffuse que ce groupe a de lui-même est inséparable de la pensée qu’on se fait de l’Europe. Peu nombreux à l’Est (à l’exception de la Hongrie) et dans les Balkans, encore nombreux en France et dans une Grande-Bretagne qui désormais dérive du continent, persistants en Italie, abondés par des apports inattendus en Allemagne et en Autriche, ou en voie de dépeuplement complet en Scandinavie, les Juifs sont comme des sismographes. Hier comme aujourd’hui, ils captent et analysent les tremblements de l’Europe, cherchant à prévenir les séismes dont ils se savent d’expérience pâtir en premier, avant les autres européens.

Aussi éprouvent-ils avec une acuité toute particulière la nécessité de mener un diagnostic général de notre époque, afin de se projeter dans un avenir qui, dans cette partie du monde, demeure indéterminé pour tous, qu’on soit Juif ou pas. Minés par la désillusion que les départs traduisent, les Juifs sont comme le point de coagulation d’une crise qui ne les affecte en propre que parce qu’elle est celle de l’Europe elle-même. Mais cela ne se produit pas sans que le passé ne resurgisse. Que se rejoue, dans la crise, la corrélation du destin des Juifs et du destin européen, et c’est inévitablement le souvenir de la Shoah qui refait surface aux yeux de tous et se projette dans l’actualité. Installé au cœur de la conscience historique, vécu par tous comme un traumatisme, ce souvenir livre à présent des effets paradoxaux. Il semble se retourner contre les Juifs eux-mêmes, l’exception que la Shoah constitue apparaissant comme source de privilèges supposés. Parmi ces privilèges, l’existence de l’État d’Israël vient désormais figurer ; déchu, par une critique désorientée, de son rang de défenseur et de structure d’abri des juifs persécutés. L’État d’Israël, quel que soit le jugement porté sur sa politique, demeure ainsi inexorablement dans l’orbite de l’Europe.  Projeté hors d’Europe, il demeure le point où l’Europe se regarde elle-même.

Rester

Le XXIe siècle s’est amorcé avec la double crise d’une Europe menacée de désagrégation, et de fin possible de la présence juive sur le continent, éventualité qui se chuchote et à laquelle l’opinion peine à se rapporter sans éprouver quelque frémissement. Tel est le temps étrange que nous vivons tous. Figée entre l’impossibilité d’avancer sans mettre en péril les cadres de la démocratie, et celle de reculer vers des formes périmées de l’appartenance nationale, l’Europe est dans une impasse. Pour les juifs, les deux directions apparaissent immédiatement comme impraticables. Par leur crise, ils rejoignent le point culminant de la crise de l’Europe. C’est pourquoi les diagnostics, souvent menés dans les cadres nationaux, cloisonnés, ne sont clairement plus ajustés à l’époque. Le regard doit se porter immédiatement au plan européen, les configurations nationales et locales étant surdéterminées par la perspective d’ensemble où le point de vue juif vient spontanément s’ancrer.

N’est-ce pas la logique même de l’exil qui s’exprime ici, une nouvelle fois, en contexte moderne ? Les Juifs ont décliné leur exil d’une manière très spécifique, inédite dans leur propre histoire, précisément en appartenant à l’Europe. En tenant à l’Europe, c’est à eux-mêmes qu’ils tiennent. C’est peut-être d’ailleurs en cela qu’ils se distinguent de tout autre collectif d’appartenance que l’Europe comprend aujourd’hui.

La tradition, depuis le tout premier exil, avait assigné les Juifs à se penser comme un reste. Sachant qu’un reste n’est pas un résidu : plutôt le ferment d’une vie reconstituée, l’élément, si réduit soit-il, pour lequel la persistance, le fait de durer et se maintenir, est investi d’une nécessité propre et devient ressource de sens. Ce sens a pris, au fil de la longue inscription des communautés juives en Europe, une multitude d’acceptions. L’accumulation des expériences européennes des Juifs les rend, pour reprendre une image d’Israël Zangwill, comme les locataires d’un palais dont ils ont exploré toutes les pièces. On consentira alors à leur reconnaître cette caractéristique : ils sont en position d’en percevoir les bénéfices et les écueils, et d’en instiller la connaissance partout où ils le peuvent.


Bruno Karsenti et Danny Trom, au nom de la rédaction de K.

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