« La folie identitaire est ce qui nous menace le plus »

Non seulement une certaine pensée postcoloniale est diamétralement opposée à ce que l’on peut considérer comme une politique de gauche mais elle relève d’une politique identitaire qui menace de détruire la pensée anticoloniale même – et serait structurellement anti-juive. Telle est l’idée que Horst Bredekamp, le grand historien d’art, ancien professeur aux universités de Hambourg, de Berlin, et de Princeton, et l’un des fondateurs du Forum Humboldt de Berlin, défend dans une tribune parue dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), en mars dernier. Ce texte a suscité un écho considérable sur la scène intellectuelle et médiatique allemande et anglophone. Nous le reprenons dans K., en le mettant en contexte : au sein d’une controverse sur la ‘décolonisation’ de l’art et des musées.

 

Manifestation contre le Forum Humboldt, par Oliver Feldhaus. (justlisten.berlin-postkolonial.de)

 

Contexte :

Il y a quelques mois, l’ancien président du Bundestag, Wolfgang Thierse, a publié dans le grand quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) un article fustigeant le tournant vers une politique identitaire du parti social-démocrate allemand (SPD).

Thierse étant lui-même membre historique du SPD, la présidence actuelle du parti a jugé nécessaire de déclarer publiquement « la honte » qu’elle éprouvait face aux prises de position de leur camarade. Qu’est-ce qui leur paraissait honteux ? Thierse appelait le parti à promouvoir une politique apte à produire des égalités réelles au lieu de creuser de plus en plus les gouffres imaginaires qui séparent les différentes identités culturelles rassemblées sur le territoire national allemand ; aussi, il s’inquiétait d’une certaine mainmise des discours dits « postcoloniaux » sur le discours politique et public dans son ensemble. Sans aller jusqu’à affirmer l’existence d’une « cancel culture » allemande, il déplorait une tendance à vouloir faire table rase du passé, en déclarant l’ensemble de l’histoire de l’Europe coupable, et seulement coupable.

Thierse, avant d’entamer une carrière tardive d’homme politique, était universitaire, en RDA. Germaniste de formation, il a travaillé d’abord à l’université puis pour le ministère de la culture de la RDA dans le champ de l’histoire de l’art. Après avoir été limogé du ministère, il a édité un dictionnaire des concepts fondamentaux de l’esthétique et collaboré à l’écriture de scénarios pour des films documentaires. Ce qui explique en partie pourquoi il a été nommé membre de la commission en charge de la reconstruction culturelle du centre de Berlin en 2001. Les discussions de l’époque portaient essentiellement sur un point : faut-il ou ne faut-il pas détruire le Palais de la République qui se trouvait planté au centre de Berlin, tel un héritage gênant de l’ancienne RDA.

Ce Palais de la République, joyaux de l’architecture de l’Est mais profondément infesté d’amiante, a été érigé en 1973 en lieu et en place de l’ancien château de Berlin (c’est-à-dire du siège antique du pouvoir prussien). Ce dernier a été partiellement détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale et définitivement démoli par la RDA en 1950.

Palais de la République, Berlin Est, 1986 © wikimedia commons
Le Chateau de Berlin qui abrite le Forum Humboldt, 2020 © Wikimedia commons

La commission a décidé de détruire ce qui était perçu comme un vestige dictatorial et de reconstruire l’ancien château de Berlin à sa place. L’idée consistait à le reconstruire, mais tout en désactivant le symbole impérial qu’il représentait. A cette fin, on se proposait d’y installer un musée précisément consacré non pas à la supériorité culturelle de la Prusse, de l’Allemagne ou de l’Europe, mais à la grandeur de toutes les cultures non-européennes. Le projet fut approuvé. Ainsi naquit le Forum Humboldt qui aujourd’hui occupe l’intérieur du château prussien reconstruit au centre de Berlin.

Depuis 2001, les préoccupations politiques ont changé. On ne s’intéresse plus à l’acte profondément ambivalent consistant à détruire un ancien symbole de la RDA auquel la population de l’Allemagne de l’est était en partie sincèrement attachée, et à ériger à sa place un symbole de l’Empire allemand tout autant controversé. Ce qui est en cause désormais se trouve à l’intérieur du château : ses collections ethnographiques, leur origine parfois criminelle, leur lien intrinsèque avec le projet impérial incarné par le château lui-même. C’est en tant que membre de la commission à l’origine du Forum Humboldt que Thierse a été confronté concrètement au discours postcolonial qu’il critique. Il y a fait face autour d’un objet concret, qu’il connaît bien, et auquel il a réfléchi pendant deux décennies au moins : le Forum Humboldt et ses collections.

Il n’est alors pas étonnant de voir un autre membre fondateur du Forum Humboldt venir à sa rescousse dans un tel débat sur les politiques identitaires. En l’occurrence il s’agit d’un historien d’art de renommée mondiale, Horst Bredekamp. Une fois l’émotion politique retombée, ce dernier a lui aussi pris la plume dans le FAZ. Son objectif était de mesurer le prix de la pensée et critique postcoloniale. Pour conduire son analyse comptable, lui aussi parle de l’objet concret Forum Humboldt.

Nous reproduisons dans K. l’article paru dans le FAZ, accompagné par ailleurs d’un entretien que nous avons mené avec lui. L’intervention de Bredekamp témoigne du coût exorbitant d’une certaine pensée postcoloniale, précisément celle que Thierse a osé critiquer, lequel consiste selon lui dans l’oubli d’une pensée juive européenne. Oubli qui, en l’occurrence, est identique à sa négation, voire à son assimilation à la culpabilité européenne générale. – Julia Christ

 

Horst Bredekamp : « La folie identitaire est ce qui nous menace le plus »

 

Horst Bredekamp lors d’une conférence en mars 2015 à Düsseldorf, par Marcus Cyron © Wikimedia commons

 

Wolfgang Thierse et moi-même sommes les deux dernières personnes encore actives qui ont poursuivi et accompagné la conception et la mise en œuvre du Forum Humboldt, et cela depuis exactement vingt ans maintenant. Il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’atmosphère initiale, la liberté, l’indocilité et l’ouverture presque physiquement palpables au sein de la commission dite Swoboda, qui a eu pour objectif d’insuffler quelque peu d’esprit dans le projet de réparation du centre érodé de Berlin.L’idée de réunir l’université Humboldt, en tant que fondation subsidiaire de la Kunstkammer du palais de Berlin , les bibliothèques berlinoises et les collections extra-européennes de Dahlem dans un même navire dédié à l’esprit libre, politiquement indépendant et polémique, a enthousiasmé l’ensemble des parties concernées[1]. Actuellement, cependant, cette idée se voit réduite à une seule formule qu’on peut à juste titre qualifier de délirante : le Forum Humboldt serait une forteresse d’art spolié.

Il n’y a pas d’alternative à l’antiracisme et à l’anticolonialisme, et la sensibilité de la jeune génération en particulier donne de l’espoir pour l’avenir. Dire que la République fédérale a été aveugle au chapitre colonial de l’histoire allemande ne peut être affirmé de manière générale, même s’il reste absolument crucial de diriger sa conscience plus vigoureusement encore vers ce chapitre. Dès le début, toutefois, il est apparu que le noyau dur du soi-disant post-colonialisme, bien qu’employant une rhétorique de gauche, était animé par des principes et des objectifs diamétralement opposés à la définition de ce qui peut être considéré comme une politique « de gauche ». Faire des phrases grandiloquentes sur le droit à l’autodétermination des peuples et des cultures, voilà qui était et reste l’outil coercitif d’une emprise totalitaire sur la langue, l’histoire et l’avenir. L’effacement d’une tradition anticoloniale dans laquelle le Forum Humboldt voulait et veut se situer est à ce titre particulièrement pervers.

Pour un concept de culture issu des chaumières, et non pas des palais[2]

J’ai discuté à plusieurs reprises avec Wolfgang Thierse de la façon dont les grandes salles du Forum Humboldt devraient être caractérisées par les noms qu’on leur donnait. J’ai proposé en premier lieu les noms d’Aby Warburg et de Franz Boas[3], les deux grands érudits juifs qui ont jeté les bases pour que ni le concept de culture et ni celui de la destination de l’homme ne soient définis de manière statique et hiérarchisée, mais par leurs évolutions internes et leur relationnalité. Pourtant, sous la pression d’une idéologie qui ne comprend pas que les cultures se déplacent, se croisent, s’entremêlent, que les oppresseurs ne peuvent pas nécessairement imposer leurs idées et que les objets et les images créent souvent des dynamiques singulières, la discussion s’est durcie pour finalement ne connaître qu’un seul thème : la restitution des « biens spoliés ».

Qui nierait que les torts avérés doivent être réparés et que l’on doive demander pardon ? Cependant, la majeure partie des collections pré- et anti-impériales de Göttingen, Leipzig, Nuremberg et Berlin, par exemple, est issue d’un concept de culture qu’il faut aujourd’hui qualifier d’anticolonialiste, de libéral et de social-démocrate au sens plein du terme. Il s’agissait, concernant ces collections, de ne pas rassembler principalement de l’art de haut niveau, mais des objets quotidiens qui avaient une utilité fonctionnelle pour les peuples indigènes, ainsi qu’une valeur épistémologique et esthétique très élevée pour les ethnologues agissant de la sorte, car ils représentaient l’incarnation d’un concept de culture qui n’était pas déterminé depuis les palais, mais depuis les chaumières. C’est la raison pour laquelle le musée d’ethnologie de Berlin[4] a rassemblé plus de dix fois plus d’objets que le centre de la plus grande puissance impériale, Londres. Ce que la modernité détruisait devait être préservé au niveau microcosmique. Dire que ce geste n’est qu’une approbation de l’injustice relève d’une logique perverse qui tourne en dérision les arguments et les discussions de l’époque.

Souvent, le populisme n’émane pas seulement d’agitateurs à demi-habiles, mais aussi des universités et d’autres institutions académiques. À ce jour, aucun des protagonistes n’a commenté le fait que le musée d’ethnologie de Berlin a été jugé si incapable et si peu disposé à servir les intérêts coloniaux qu’un Musée de la domination coloniale a été créé à Berlin-Moabit[5], ouvert par le Kaiser lui-même, et dépassant en taille le musée d’ethnologie déjà existant. Quelle erreur que de confondre ce Musée du colonialisme avec le musée d’ethnologie ! Lorsque le Musée colonial fut rapidement fermé en 1915 par manque d’intérêt du public et que les pièces d’exposition durent être réparties dans d’autres musées, le Musée d’ethnologie de Berlin refusa de reprendre ces fonds empoisonnés.

Définition antiraciste de la collection

C’est dans le climat d’une définition antiraciste et non-hiérarchique de la collection qu’Aby Warburg et Franz Boas ont développé leurs idées. Dans ce contexte, Franz Boas, qui était l’assistant du directeur Adolf Bastian au Musée d’ethnologie de Berlin, a développé une anthropologie qui constitue encore le fondement d’un concept de culture s’opposant catégoriquement à toute représentation hiérarchique des cultures. Sans la tradition du révolutionnaire Georg Forster, des frères Humboldt et des savants juifs comme Moritz Lazarus et Heymann Steinthal[6], tous deux professeurs à l’université de Berlin, l’avancée de Boas est impensable. Quiconque rappelle aujourd’hui cette œuvre d’une vie entière, est dénoncé en tant que témoin à décharge d’une pensée d’extrême droite. Mais l’effacement rhétorique de cette tradition poursuit la même politique réactionnaire que les gentilshommes de l’empire wilhelminien et les destructeurs de culture nationaux-socialistes, qui ont jeté les écrits de Boas aux flammes.

Il y a deux ans, j’ai assisté à une conférence à Buenos Aires à laquelle ont participé un grand nombre d’universitaires de toute l’Amérique du Sud. Le nom de Karl von den Steinen[7] revint sans cesse, qui, depuis le musée d’ethnologie de Berlin, avec un concept de culture qui va des entailles gravées dans des arbres à la sculpture, a rendu intelligibles les cultures des peuples indigènes de la jungle brésilienne et a mis par écrit leurs récits et cosmologies. Sans sa conception large de la culture, issue de la tradition libérale germanophone, a-t-on alors souligné à plusieurs reprises, on ne saurait rien sur l’histoire de ces populations du Brésil. C’est le même Karl von den Steinen qui a nommé comme principe presque sacré de la collection : « Sauvez, sauvez, sauvez ». Voilà qui est un langage non pas du vol, mais de la préservation contre les pillages des puissances impériales. Situer de telles expressions et pratiques de collection dans le contexte du colonialisme, et donc les discréditer d’emblée, c’est transformer chaque individu en un rouage d’un gigantesque engrenage auquel il n’y a pas d’échappatoire.

Structurellement anti-juif

La caractéristique la plus effrayante du post-colonialisme réside dans sa cohérence structurellement anti-juive. On a beaucoup discuté et écrit sur l’antisémitisme existant ou simplement présumé d’Achille Mbembe. Or, ce dont on ne parle jamais, c’est la suppression de l’impulsion des anthropologues juifs, qui ont été hautement sensibles à toute question touchant au racisme. Cette stratégie est conforme à l’objectif qui consiste à déplacer les coulisses du débat d’Auschwitz vers la Namibie et de nier ainsi la singularité absolue de la Shoah.

C’est à ce geste totalitaire que Wolfgang Thierse s’oppose. Il faut être bien naïf pour ne pas se rendre compte qu’au bout d’une politique identitaire, telle qu’il la critique, on ne retrouvera pas une réalité multiculturelle éclairée, mais la pureté d’une orientation aussi propre qu’inhumaine. Ce qui rend l’identitarisme tellement choquant et insupportable, c’est la manière impitoyable avec laquelle il sépare les groupes ethniques et leurs cultures les uns des autres. Quand aucun Noir ne pourra plus jouer un Blanc au théâtre et quand aucun traducteur européen ne pourra plus transcrire le texte d’un Asiatique, quand les identités ne se côtoieront plus qu’entre elles, les fanatiques de la pureté auront gagné – et cela sans se douter à quel point ils sont proches des slogans de la  lingua tertii imperii[8]. Voilà qui supprimerait tout ce qui fait le charme de toute culture : développer l’empathie pour l’étranger, l’emmener dans sa propre autodétermination et se transcender soi-même. A quel point faut-il être naïf pour considérer que l’opposition aux conséquences de la politique identitaire, qui doivent être comprises comme un assaut uniforme contre toute forme de pensée libérale et même sociale-démocrate, est une cause et une raison de honte ?

L’AfD [Alternative für Deutschland, parti d’extrême droite allemand] et pire encore sont un défi permanent, mais qui devrait être gérable. Il sera sans doute plus difficile de surmonter l’assaut identitaire contre la raison, car il s’est retranché derrière l’éthos d’une rhétorique de libération de la gauche. Wolfgang Thierse a eu le courage de nommer la différence entre le langage et l’effet, et de faire comprendre que le politiquement correct signifie la fin de la social-démocratie. Pour cela, elle devrait lui ériger un monument.


Horst Bredekamp

Traduit par Julia Christ

Notes

1 Note du traducteur : La Kunstkammer de Berlin était une sorte de cabinet royal rassemblant des objets à la fois culturels et naturels. Fondée au milieu du 16e siècle, détruite pendant la guerre de trente ans, reconstruite à partir de 1640, elle était un lieu de collection de toute sorte d’objets issus des cultures antiques ou extra-européennes, mais aussi, et en majorité, de naturalia.  La partie « naturalia » a été intégrée dans les collections de l‘Université Humboldt à sa fondation en 1815, les objets culturels ont, eux, été distribués au cours du temps dans des musées différents. Le Forum Humboldt rassemble des collections issues de la Kunstkammer, des différentes bibliothèques berlinoises et de l’ancien musée des cultures de Dahlem qui avait accueilli après 1945 les collections du musée d’ethnologie de Berlin, et du musée d’art asiatique. L’auteur insiste sur les lieux de provenance des collections du Forum Humboldt pour souligner qu’il n’accueille pas de collections issues des entreprises coloniales de Guillaume II.
2 Ndt : L’opposition entre palais et chaumières – notoire en Allemagne – vient à l’origine d’un pamphlet de Georg Büchner, intitulé Der hessische Landbote et qui inclut l’appel : « Paix aux chaumières ! Guerre aux palais ! ». Dans ce texte Büchner rappelle l’égalité du genre humain et interroge la prétendue supériorité culturelle des habitants des palais.
3 Ndt : Aby Warburg (1866-1929) était un historien d’art, juif allemand. Il est notamment connu pour la bibliothèque qu’il a fondée rassemblant une immense quantités d’ouvrages traitant de toutes les cultures mondiales. La bibliothèque Warburg, qui était fréquenté par Panofsky, Cassirer et Scholem, avait pour but de transformer l’histoire de l’art, de la littérature et de la musique en y intégrant tous les faits culturels d’une société donnée. En ajoutant au corpus de la bibliothèque des ouvrages sur des domaines tels que l’astrologie et la magie, Warburg a anticipé de nombreux développements dans la compréhension moderne de l’histoire des sciences. La bibliothèque a été sauvée des nazis en 1933 par son déménagement à Londres où elle se trouve encore aujourd’hui (https://warburg.sas.ac.uk/). Franz Boas (1858-1942) était pour sa part un anthropologue juif allemand. Après ses études en Allemagne, il a émigré aux États-Unis où il a fondé ce qu’on appelle l’anthropologie relativiste, c’est-à-dire une approche non évolutionniste des cultures, selon laquelle chaque culture a sa propre signification et valeur en elle-même qui ne permet aucune hiérarchisation.
4 Ndt : Le musée d’ethnologie de Berlin a été fondé en 1873. Il rassemblait une partie des collections de l’ancienne Kunstkammer. Le reste des collections était issu de ce que son directeur, Adolf Bastian, appelait des « Voyages de collectes ». Convaincu du fait que l’expansion de l’Europe de part le monde était en train de détruire les cultures extra-européennes, Bastian s’est donné pour objectif de « sauver » un maximum d’objets de la destruction. Le principe du musée était purement scientifique et documentaire. Ainsi les pièces n’y étaient pas exposées de manière didactique, mais rassemblés à des fins d’études scientifiques.
5 Ndt : Le musée colonial a été fondé en 1899 et fermé en 1915. Contrairement au musée d’ethnologie de Berlin, il rassemblait des objets d’art et de culture volés au cours des entreprises coloniales de l’Empire wilhelminien. Après sa fermeture en 1915, une petite partie de ses collections a été reprise par le Musée Linden de Stuttgart. La majeure partie était censée être intégrée dans le musée d’ethnologie de Berlin qui refusait de l’accueillir. Sous la République de Weimar, ces objets ont été mis dans un entrepôt. Après 1945, ils ont été transportés en URSS, si bien qu’effectivement il est impossible qu’ils se retrouvent actuellement dans la Forum Humboldt.
6 Ndt : Moritz Lazarus (1824-1903) et Heyman Steinthal (1823-1899) comptent pour les fondateurs de la psychologie des peuples. Horst Bredekamp explique leur travail dans l’interview que nous avons mené avec lui.
7 Ndt : Karl von den Steinen (1855-1929), était un psychiatre et ethnologue allemand à qui on doit, entre autre, les premières études des méthodes de guérissons de maladies psychiques dans des cultures extra-européennes et une documentation exhaustive des mythes et cosmologies des peuples indigènes du Brésil.
8 Ndt : Horst Bredekamp se réfère ici à l’ouvrage de Victor Klemperer, Ligua Tertii Imperii (1947) (LTI, La langue du troisième Reich, Paris, Poche, 2003) qui analyse la manipulation de la langue allemande par la propagande, puis les usages quotidiens, du troisième Reich.

Avec le soutien de :

Merci au bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll pour leur coopération dans la conception du site de la revue.

Merci au mahJ de nous permettre d’utiliser sa photothèque, avec le voyage visuel dans l’histoire du judaïsme qu’elle rend possible.