Skip to content
K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle
Lancement de l'offre jeunesse de K. - Soutenez le projet ici

# 282 / Edito : Une semaine en Italie

Pendant cette pause estivale, la revue interrompt ses publications originales. En attendant la rentrée, nous proposons chaque semaine à nos lecteurs un dossier reprenant quelques textes réunis autour d’une thématique. L’occasion de découvrir le texte à côté duquel vous étiez passé, de redécouvrir celui qui vous avait interpellé et de partager avec vos amis qui ne connaissent pas encore K. quelques-unes de ses publications.

Notre dossier de cette semaine s’attache à une excentricité : celle d’un judaïsme italien qui ne ressemble à aucun autre. Trop ancien pour être une histoire d’immigration, trop discret pour nourrir un folklore, trop assimilé pour se raconter comme une tragédie continue — et pourtant traversé, de bout en bout, par la question de savoir ce que ce pays veut bien faire de ses juifs, et ce que ceux-ci font de lui. C’est à travers le regard trouble que porta un autre excentrique, Pasolini, sur les juifs et sur Israël que s’ouvre ce dossier. Défendre le droit de la minorité juive à se doter d’un refuge ? Pasolini y tient comme à une nécessité. Mais, transformés par Israël en une majorité normale, les juifs deviennent alors impossibles à aimer comme Pasolini aimait les marginaux — Tristan Koskas interroge la place paradoxale qui se trouve alors assignée aux juifs, entre identification et malaise. Ada Treves prend ensuite le relais en portraiturant de l’intérieur ce judaïsme italien « inerte », selon le mot de son oncle Primo Levi — minoritaire jusque dans la minorité, sans grand récit d’exil ni de shtetl, mais riche d’une présence bimillénaire qui se love derrière des façades anonymes, de Biella à Trieste en passant par Venise. Enfin, Simone Disegni convoque les figures d’Edgardo Mortara, arraché à sa famille par le Vatican en 1858, et de Franco Cesana, partisan de treize ans tombé pour la Résistance, deux enfants juifs et bolonais. Leur histoire, à l’ère de Giorgia Meloni, pose la question qui traverse tout ce dossier : de quelle patrie, de quelle nation, l’Italie d’aujourd’hui entend-elle se réclamer, et quelle place y fait-elle à ceux qui, depuis deux mille ans, y persistent ?

Dans le deuxième épisode d’ « Amour amer. Israël ou les rivages de l’intime », Samuel Ghiles-Meilhac relate le tournant obsessif de sa relation à Israël, alors que le conflit avec le Liban sature son imaginaire adolescent. C’est aussi l’occasion de revenir sur l’atmosphère bouillonnante de la Radio Kol HaChalom de Grenoble, jusqu’à la sédition et la découverte des ambivalences de la figure du « juif critique ».

Pour rappel, nos archives sont ouvertes et nous vous invitons à cheminer parmi les centaines de textes que nous avons déjà publiés depuis plus de cinq ans.