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K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle
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Amour amer. Israël ou les rivages de l’intime (2/4)

Épisode 2 : La guerre à distance

À Grenoble, Israël devient une obsession quotidienne : bulletins de Kol Israël, cartes du Sud-Liban, coalitions imaginaires, débats à Radio Kol HaChalom. La seconde Intifada transforme cette passion à distance en fracture intime et politique. En quittant la radio communautaire, le narrateur découvre la figure ambiguë du « juif critique », applaudi par les milieux pro-palestiniens, mais déjà travaillé par le malaise de sa propre fonction symbolique.

Samuel Ghiles-Meilhac ; Elie Barnavi, ambassadeur d’Israël ; Patrick Bruttmann de Radio Kol Ha Chalom et Jean David ( CRIF Grenoble). Dans les studios de la radio à Grenoble. Printemps 2001.

À la fin des années collège, je commence à écouter Radio Kol HaChalom, « la voix de la paix ». Cette antenne juive locale s’insère alors tranquillement depuis vingt ans à Grenoble parmi les radios associatives qui ont fleuri dans les années 1980. Sur le 100 MHz FM, RKH, de son petit nom, diffuse en journée de la musique californienne, sans publicité, ce qui la rend populaire auprès des chauffeurs de bus de l’agglomération. Les journaux d’information sont des retransmissions de ceux des radios juives parisiennes ainsi que des programmes en français de la radio nationale israélienne, Kol Israël. 

Je m’y branche en mangeant mes céréales. RKH retransmet, à 7h30, les bulletins d’informations depuis Israël. Chaque mot de la correspondante sur place, Katy Bisraor, propulse des images en moi : « Cette nuit deux soldats ont été tués dans une embuscade du Hezbollah dans la partie occidentale de la zone de sécurité au Liban-Sud. La riposte de l’aviation et de l’artillerie contre la milice chiite… ». Toutes ces informations forment des images fascinantes qui s’inscrivent dans mon esprit. Quelques minutes plus tard, marchant dans les rues piétonnes du centre-ville de Grenoble pour rejoindre le collège Stendhal, ma petite guerre intérieure israélo-libanaise laisse la place à mes tourments amoureux et à toutes les considérations de cet âge délicat et difficile. Le soir, je m’endors en écoutant, avec mon baladeur sous la couette, les émissions de libre antenne sur Skyrock où Tabatha Cash et d’autres futures ex-stars du porno viennent faire monter l’audience à peu de frais. Il y est question de tout le mal qu’il faut penser du Front national, mais je me réjouis surtout de m’informer sur le vaste monde des rapports avec les femmes.

Ces flashs d’informations retransmis par cette radio juive m’amènent à me passionner progressivement pour une autre extrémité d’Israël. 850 kilomètres carrés du sol libanais sont alors sous occupation militaire israélienne avec l’appui d’une milice locale, l’Armée du Liban sud. L’ALS était d’abord opposée aux groupes armés palestiniens réfugiés au Sud Liban après avoir été chassés par les troupes du Roi de Jordanie en 1970, lors des affrontements de Septembre noir. Lorsqu’en 1990, la guerre civile libanaise prend officiellement fin, Israël conserve le contrôle de la « zone de sécurité » pensée comme un espace tampon empêchant des infiltrations et attaques sur la Galilée. Katiouchas, Armée du Liban Sud, Zone de sécurité, Hezbollah et FINUL (la Force intérimaire des Nations unies au Liban…) forment un de mes imaginaires foisonnants à l’adolescence. Je dessine des cartes du Doigt de Galilée, là où, tout au bout, à six cents kilomètres d’Eilat, la fin d’Israël est coincée entre le Liban et la Syrie. Je m’imagine la vie à Kiryat Shmona, la Cité des Huit, proche de la frontière, qui a pris la terrifiante habitude de recevoir des obus et roquettes depuis l’installation des fédayins de l’OLP dans les années 1970, puis du Hezbollah quelques années plus tard.  Dans ma tête, dansent les noms de Tyr et Saïda, qui ne sont pour moi que des points stratégiques, des lieux de fantasme pour le petit garçon qui a peur du sang et de la bagarre, mais qui se gorge des bribes d’informations sur cette guerre sans image, résidu de la guerre civile libanaise et préfiguration de la confrontation régionale entre Israël et l’Iran. 

Ce Sud-Liban forme un étrange jardin secret. Jardin miné, bombardé, occupé par ses soldats israéliens et leurs supplétifs libanais sans visages, espaces peuplés par les ombres des miliciens chiites du Hezbollah ou du Amal (l’autre groupe politico-militaire résistant à Tsahal) qui se cachent dans des orangeraies pour échapper à la surveillance des hélicoptères AH64 – Apache, à mille lieues de mon quotidien dans le Grenoble des années 1990. 

Plusieurs fois par mois, je vais à la bibliothèque d’études de Grenoble. C’est une immense salle au dernier étage d’un immeuble, plutôt moche, des années 1960, face à la grande Poste. De longues tables de bois accueillent les étudiants, chercheurs et curieux qui, s’ils lèvent les yeux, peuvent admirer par la baie vitrée le massif de la Chartreuse. Là, je remplis des fiches de consultation, inscrivant la cote RP1091 pour demander d’anciens numéros du Monde. Je sais, par des livres et par le Quid, qui est alors pour moi une ressource importante de savoir, quand ont eu lieu les grandes étapes des affrontements entre l’armée israélienne, leurs alliés libanais et les combattants d’Amal et du Hezbollah. Je dois patienter une petite demi-heure, entre lecture de la presse et observation des femmes qui sont là. Je reçois alors mon trésor, soit relié dans un grand livre avec une très épaisse couverture, ou simplement une boîte en carton renfermant tous les numéros d’un mois empilés. Je parcours minutieusement chaque édition et vais photocopier les quelques articles parlant d’escarmouches, de bombardements, de « ratissage » israélien, d’échanges de corps entre belligérants par la médiation de la Croix-Rouge. Cela me plonge dans l’actualité de l’époque avec ses matchs de foot, l’inflation, le gouvernement Rocard et le Sida. Mon petit butin engrangé, une fois de retour à la maison, je colle avec mon bâtonnet UHU stick jaune ces articles dans un classeur rouge qui rassemble toute ma documentation sur ce conflit dont tout le monde se fout et que j’archive méthodiquement. Collectionneur, en rentrant de l’escalade ou d’une virée à la FNAC, j’ouvre mon classeur et peux relire les étapes de cette guerre à bas bruit.

Qu’ai-je ressenti une fois face au Sud-Liban, à l’été de mes quinze ans, en 1998 ? Avec les scouts, nous faisions un séjour en Israël pendant trois semaines, pour le cinquantième anniversaire de la création de l’État. Le voyage cochait toutes les cases de ce qui est attendu de visiteurs découvrant les meilleurs versants d’Israël : visite de la vieille ville de Jérusalem, ascension de la forteresse de Massada avant le lever du soleil, visite d’un kibboutz et de Yad Vashem, tour en chameau avec des bédouins dans le désert du Néguev… Nous avions passé un shabbat dans une auberge de jeunesse à Shlomi, petite bourgade d’où l’on voyait la frontière libanaise. Des dizaines d’antennes de surveillances étaient déployées en direction de ces collines escarpées où mes maquisards chiites allaient essayer de tuer mes très lointains frères israéliens qui n’avaient que quelques années de plus que moi. Je n’ai jamais été aussi près de ma petite guerre, mais il ne se passe pas grand-chose en moi – même si le souvenir que j’en rapporte ici est peut-être trop apaisé. J’ai pourtant téléphoné à ma mère, tout excité, en lui disant « ça y est, j’y suis ! », mais ma passion sud-libanaise reste très obscure pour mes camarades qui se demandent plutôt si la France va gagner cette coupe du monde de football.

C’est avec une grande excitation que je passe d’auditeur à animateur à RKH au début du lycée. La radio est un joyeux mélange : anciens des scouts, presque juifs, religieux, diasporiques et des gens qui n’ont aucun lien de naissance avec le judaïsme proposent une émission, de lecture, de sport ou de littérature. Nous émettons au-dessus d’une synagogue en crépis, si discrète que personne ne peut penser de l’extérieur que c’est un lieu de culte. En haut d’un escalier pentu et sombre, la lumière heureuse des studios. Les grandes vitres, le tableau de bord, des espaces d’enregistrement, quelques ordinateurs et des boîtes pleines de vinyles. La laideur de la moquette grise ne gâche rien de la magie des voix diffusées, bien sûr celles depuis Israël, mais surtout la mienne. Je découvre l’immense satisfaction de savoir que lorsque je parle dans un micro, tout Grenoble peut m’entendre. Avec ma petite troupe, j’y jacte tous les dimanches soir. Nous animons de façon un peu désorganisée un show entre la libre antenne adolescente et la revue de presse. L’ambiance est bon enfant. De temps à autre, le directeur de la radio, un quadra qui nous fait confiance, nous rappelle que nous émettons au-dessus d’une synagogue et qu’il n’est pas forcément nécessaire de parler masturbation à chaque émission. En 1999 et début 2000, je peux scotcher des publicités pour mon émission dans tous les couloirs du lycée, monter sur une table au milieu de la cour pour haranguer mon potentiel auditoire sans jamais me poser de question.  

Un ami des scouts avec qui nous animons cette libre antenne part à l’été 2000 s’installer en Israël. Il a 18 ans et vient de terminer sa formation en école hôtelière. C’est la première personne de mon entourage à faire ça. Étrange décision, inenvisageable pour moi. La paroi est étanche entre mon obsession pour Israël et la possibilité d’y vivre, de décider d’en faire partie. Je ne crois pas lui demander pourquoi il part. Je me souviens de sa fascination avant l’alya : tout y serait plus grand, plus neuf, plus efficace, mieux.

Dans les quelques e-mails que nous échangeons ensuite, moi depuis l’ordinateur des studios de la radio, lui depuis un cybercafé en Israël, l’incompréhension est totale. L’armée est pour moi dans les livres d’histoire, à la télévision et dans la presse. Je retarde ma Journée d’appel à la défense pour ne pas rater mes cours de théâtre au lycée, lui se réveille probablement à 5 heures du matin pour apprendre à manier un M16 et exécuter des ordres en hébreu.

L’automne 2000 et la seconde Intifada marquent un tournant. La radio serre les rangs derrière le gouvernement israélien. Je continue d’interroger l’usage de la force et le directeur de la radio me défend face à des critiques qu’il reçoit tout en me disant que son antenne n’est pas là pour critiquer Israël de façon excessive. La colère se partage de mail en mail contre un dessin de Plantu, une chronique sur France inter ou la couverture de Libération. La liberté de ton qui a caractérisé ce studio radiophonique et qui m’a permis tant de rencontres et de moments merveilleux se réduit au fil de l’inquiétude qui gagne les juifs. Inquiétude pour le petit État là-bas, mais aussi pour ici, en France, où les informations sur des synagogues incendiées et des rabbins molestés viennent bourdonner dans nos oreilles. Il devient difficile de ne pas avoir peur même pour celles et ceux, et j’en étais et aimerais parfois encore en être, qui veulent se dire qu’ils ne se laisseront pas prendre par des exagérations et de la propagande. Nous repoussons une menace qui pourrait remettre en cause les paramètres de notre vie dans l’Europe paisible de l’après-guerre froide. Car dans mon esprit, tout le monde aime les films de Woody Allen et Maurice Papon est en prison. Je n’ai plus rien à craindre.

Malgré la crispation collective, la radio continue de m’offrir des occasions inespérées à mon âge. Je peux y conduire des entretiens avec les candidats aux élections municipales comme avec l’envoyé spécial de l’Union européenne pour le processus de paix. En mai 2001, entourés de journalistes ayant trois fois mon âge, nous recevons l’historien Elie Barnavi, ambassadeur en France d’Israël. Ses yeux d’aciers, sa belle gueule et son érudition font de lui le meilleur représentant d’Israël. Nous l’aimons alors même qu’il a pour mission d’être la voix d’un gouvernement dirigé par Ariel Sharon. Quarante-cinq minutes de questions et réponses dont je garde le souvenir d’une grâce parfaite. Il reste une photo de cette rencontre où je me tiens droit, les bras sur les hanches, heureux d’être dans les affaires du monde. Quelques jours plus tard, rentrant d’une soirée vers minuit, je découvre avec mon père, sur CNN, les images en direct dans les instants qui suivent l’attaque suicide contre la boîte de nuit Dolphinarium de Tel-Aviv. La caméra montre des adolescentes et adolescents blessés, des cris dans la nuit et les gyrophares des voitures des services de secours. 

Je ne sais pas si je dois avoir honte d’Israël tout en l’aimant, si je peux vivre avec ce centre d’intérêt obsédant. Je n’ai aucun moyen de peser sur les événements là-bas et la radio serre les rangs derrière Israël. Au fil des semaines, je me résous donc à agir ici, par la rupture. Après plusieurs jours d’hésitation, en mars 2002, j’annonce en direct et en pleine émission ma décision de quitter la radio. Je prononce un discours préparé. J’explique partager la crainte des miens, mais il ne m’est plus possible de rester dans ce que je ressens comme un enfermement communautaire qui n’est plus en mesure d’accepter la contradiction et la discussion rationnelle sur les choix politiques d’Israël.

Je conclus par un bon mot : « Radio Kol Hachalom oui, Radio KolhaSharon, non ! ».

Cela ne fait pas trembler le général devenu Premier ministre mais, franc-tireur, je deviens quelqu’un. Je suis accueilli à bras ouverts par l’univers pro-palestinien dauphinois qui veut m’avoir dans ses conférences et rencontres avec des élèves dans des collèges difficiles. 

Je me fâche avec plusieurs amis des scouts et y vois le signe de mon indépendance, découvrant l’ambivalence des sentiments procurés par ce statut du juif critique. Qui est courageux ? Qui est lâche ? Je me plais à traiter untel ou untel de sharonien. Facilité des petits sobriquets qui disqualifient. Je ne ressens pas encore de malaise à être la mascotte juive des mouvements pro-palestiniens. Cela me plaît de séduire comme bon juif permettant à d’autres de critiquer Israël en toute quiétude. Je m’entiche de figures juives hétérodoxes, locales comme lointaines dans le temps et me lie d’amitié avec un journaliste du Monde diplomatique qui fait ensuite de moi un portrait trop flatteur dans un livre sur le « mal-être juif ». 

Pendant ces années terribles de la seconde Intifada, Israël est inaccessible, sans que je me demande clairement pourquoi. Envisageais-je d’y aller ? J’ai peur, probablement d’y mourir dans un attentat. Mes parents n’ont plus le goût d’Israël et n’y sont pas retournés. À la fin de l’année 2003, décision est prise de préparer un séjour. Il faut sortir de l’observation à distance. Je ne peux plus me contenter de lire sur le sujet sans m’y frotter. Quelques semaines avant mon départ, Israël passe à la vitesse supérieure dans sa guerre avec les mouvements islamistes palestiniens, décidant de tuer directement les chefs du Hamas. Le fondateur et chef du mouvement, le vieux Sheikh Ahmed Yassine, homme fluet en fauteuil roulant avec sa longue barbe blanche, est assassiné à la sortie d’une mosquée de Gaza lorsque son convoi part en fumée à coup de missiles tirés par un hélicoptère israélien. Les cris de vengeance montent de toutes les villes palestiniennes. Je suis pris entre une réflexion politique raisonnable, que j’aime croire modérée, qui condamne l’usage excessif de la force et craint les conséquences d’une logique uniquement guerrière, et une fascination jouissive mais discrète pour l’efficacité militaire israélienne, pour un État et une société qui font corps dans le refus de céder face à un ennemi. 

Mon retour en Israël se fait en 2004. J’ai vingt ans. C’est la première fois que j’y vais seul, en adulte. Depuis, la seconde Intifada a éclaté et l’actualité israélo-palestinienne est d’une violence permanente, qui inonde la télévision. Attentats-suicides, bombardements, affrontements dans un contexte où le 11 septembre et l’invasion de l’Irak en 2003 encadrent le destin de la région. Je ne suis plus le spectateur tâtonnant de l’adolescence. Je suis complètement dedans. Non seulement je continue de lire avidement tout ce qui s’écrit sur le sujet dans la presse française, mais le site internet du journal Haaretz est la première chose que je consulte en allumant, au réveil, l’ordinateur dans ma chambre. Tout en m’intéressant à la politique française, je me passionne pour celle d’Israël. Je griffonne des résultats fictifs d’élections à la Knesset, je rejoue, en trafiquant les scores, le duel entre Netanyahou et Peres de mai 1996. Je m’offre des mirages politiques, des scénarios qui auraient changé le monde. Je calcule savamment des équilibres de coalition gouvernementale avec des partis politiques dont je suis incapable de lire le bulletin de vote dans un isoloir israélien. Je n’explique jamais le degré de détails de mes fantasmes politiques et de mes obsessions à mon entourage. 

Le départ coïncide avec une douleur amoureuse immense. Lorsque se dessine mon séjour à venir en Israël, je vis depuis un peu plus d’un an une histoire d’amour que je vois comme celle d’un adulte. “J’aime comme un grand”, me dis-je pendant un séjour en Italie. Elle m’emmène voir de la danse contemporaine et moi les premières éditions du festival du cinéma israélien à Paris. Elle part étudier dans une grande école parisienne et notre amour tangue. En peu de temps, les trois heures de TGV mettent à mal notre édifice. La séparation avance sans que je ne réalise bien ses conséquences, certain que, au fond, le cœur et le corps de cette femme restent à moi. Vanité de petit coq. Un soir, au téléphone, elle me dit qu’elle en a rencontré un autre lors du gala de fin d’année. Nous sommes quelques jours avant mon vol Air France. Scandaleusement, j’espère qu’elle aura peur pour moi et que l’ombre du terrorisme suffira à raviver la flamme. J’imagine combler ma blessure en rencontrant une belle sabra, un soir dans un bar du sud de Tel-Aviv, ou, mieux encore, plaire à une Arabe israélienne qui me permettrait de vivre une histoire comme au cinéma ? Mais l’alchimie entre moi et les Israéliens de mon âge, hommes comme femmes, est proche de zéro et cela se vérifiera au fil de mes voyages. Quelque chose d’infranchissable empêche une complicité.

Photo de Samuel Ghiles-Meilhac

Samuel Ghiles-Meilhac

Samuel Ghiles-Meilhac est docteur en sociologie et enseigne à Sciences Po Paris. Il est notamment l'auteur de Le CRIF De la résistance juive à la tentation du lobby de 1943 à nos jours (Robert Laffont, 2011) et Le Monde diplomatique et Israël Histoire moderne de l'Etat juif à travers un journal de référence ( Le Manuscrit, 2006).