# 232 / Edito

Une partie de la société israélienne ne désarme pas et continue de protester vigoureusement contre son gouvernement qui s’obstine dans une guerre qui doit cesser. Ces jours-ci, des manifestants se réunissent, à l’appel du Forum des familles d’otages, à des carrefours et devant des domiciles de ministres pour réclamer du gouvernement de Benyamin Nétanyahou un accord de trêve à Gaza. C’est dans ce contexte que nous proposons de relire notre texte sur la grève générale du 17 août dernier, mais aussi que, sur un autre front, il nous semble important de soutenir le mouvement en aiguisant notre tranchant K.ritique auquel nous consacrons un de nos dossier d’été. C’est dans l’adversité et la polémique que les idéaux s’affirment et se précisent, et on ne peut qu’espérer qu’Israël et le sionisme sortiront mûris de l’épreuve qu’ils traversent actuellement. Depuis l’Europe, on ne peut mieux accompagner cet espoir qu’en s’attaquant aux forces qui enveniment encore la situation, et participent à la figer dans un affrontement insoluble. Retroussons-nous donc les manches, pour aller polémiquer avec les interlocuteurs les plus entêtés. On commencera par ceux qui ont décidé que l’alliance des juifs avec l’extrême droite n’était peut-être pas une si mauvaise idée, et que la fidélité à Israël supposait d’applaudir ses tendances les plus autodestructrices : ils liront avec bénéfice « Trump et la guerre des juifs » de Bruno Karsenti. Quant à la savoureuse « Réponse juive à une gauche offensée » d’Elisheva Gottfarstein, on la réserve à ceux qui s’offusquent lorsqu’on les accuse d’antisémitisme, mais refusent de se regarder dans le miroir. L’article de Matthew Bolton sur « Ce que génocide veut dire » et celui de Julien Chanet sur « Le sionisme de gauche en procès » permettent d’ouvrir le débat et la réflexion autour de ces notions habituellement verrouillées par leurs usages idéologiques rigides. Enfin, pour les plus courageux, la réflexion serrée tenue par Julia Christ dans « Peut-on être antisioniste ? » vous permettra enfin d’expliquer aux inopportuns à quelles conditions ils pourraient légitimement se dire antisionistes — spoiler, elles ne sont pas glorieuses.

Et pour rappel, nos archives sont ouvertes et nous vous invitons à cheminer parmi les centaines de textes que nous avons déjà publiés depuis plus de quatre ans.

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La revue a reçu le soutien de la bourse d’émergence du ministère de la culture.