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K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle
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# 284 / Edito : Une semaine au Brésil

Cet été, K. met ses publications originales entre parenthèses. Chaque semaine, nous vous invitons à explorer un choix de textes tirés de nos archives et rassemblés autour d’un même thème. Vous y retrouverez peut-être un article qui vous avait marqué, en découvrirez un autre qui vous avait échappé, et pourrez faire connaître à vos proches quelques textes emblématiques de la revue.

Pour notre dossier de cette semaine, direction le Brésil, pays de soleil, de carnaval, de métissage, mais aussi de néonazisme. Renato Levin-Borges ouvre le bal dans le Sud profond, où l’immigration allemande et italienne de l’entre-deux-guerres a laissé une branquitude increvable, aussi fière de sa blancheur que peu assurée dans ses fondements identitaires, et où la figure du juif continue de servir de bouc émissaire. Cap ensuite sur la grande politique avec Renan Antônio da Silva et Eric Heinze, qui nous entraînent dans le grand écart brésilien entre l’ultra-sionisme façon Bolsonaro, drapeau israélien sur le tee-shirt de la First Lady, et l’antisionisme version Lula, qui n’a pas hésité à convoquer la Shoah pour parler de Gaza : de quoi transformer le pays en un concentré de toutes les crispations mondiales sur la question juive. Le dossier s’achève sur une tout autre musique, plus intérieure, avec le documentaire d’Alex Minkin, Saravá Shalom : loin des synagogues et des conflits politiques, on y découvre des juifs brésiliens qui, pour renouer avec des ancêtres réduits au silence par l’Inquisition, sont allés chercher du côté de l’umbanda et du spiritisme ce que le rabbinat officiel ne leur offrait plus. Comme si, décidément, le Brésil ne pouvait rien faire du judaïsme sans en réinventer, à sa façon, toutes les règles.

Dans le quatrième et dernier épisode d’ « Amour amer », la familiarité progressivement acquise avec Israël, à travers la figure de Daniela, est remise en question par le passage des années et la dégradation de la situation politique. Au moment du 7 octobre, le récit se referme sur une perte double : celle d’une femme aimée, et celle d’un certain Israël.

Pour rappel, nos archives sont ouvertes et nous vous invitons à cheminer parmi les centaines de textes que nous avons déjà publiés depuis plus de cinq ans. Si le lecteur veut rester en Amérique du sud, il pourra lire le portrait de Javier Milei, celui de Gabriel Boric qui vient de quitter la présidence du Chili (en mars 2026), ou encore le parcours des « Juifs argentins, entre ancien et Nouveau monde ».