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K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle
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Élections israéliennes : quels scénarios pour le jour d’après ?

Proposition mais le début était déjà un chapo ? Le 27 octobre, les Israéliens votent pour la première fois depuis le 7-Octobre, après quatre ans d’un gouvernement accusé de s’en prendre aux contre-pouvoirs et près de vingt ans de domination presque continue de Benyamin Netanyahou sur le paysage politique. Une grande partie de l’électorat espère un nouveau Mahapakh, comparable au « renversement » de 1977. David Chemla analyse l’état d’esprit des électeurs, les listes en présence et la stratégie des deux blocs, puis envisage les scénarios du lendemain : puisqu’aucun camp ne semble en mesure d’obtenir seul une majorité, la question du soutien des partis arabes pourrait décider de l’issue.

Le 27 octobre auront lieu les élections les plus importantes qu’Israël ait connues depuis des dizaines d’années. Bien qu’il soit difficile de prédire leur résultat, une grande partie de la population espère qu’elles provoqueront un nouveau Mahapakh (renversement) à l’instar de celles de 1977, où le Likoud, sous la direction de Menachem Begin, était arrivé pour la première fois au pouvoir. 

Un pouvoir en fin de course

Pourquoi y a-t-il un consensus pour dire que ces élections sont cruciales ?

D’abord ce sont les premières après le traumatisme du 7-Octobre dont toute la population ne s’est pas encore remise. Il faut mesurer l’importance de cet évènement parce qu’il va conditionner le vote d’une grande partie de l’électorat le 27 octobre1. 

Jusqu’au 7-Octobre, les Israéliens avaient affronté guerres et attentats avec confiance dans leur armée et leurs institutions. Ce jour-là, c’est la population des kibboutzim et des villes du Sud du pays qui a été attaquée et qui, du fait de la faible présence de Tsahal sur le front, a dû se défendre toute seule et a subi les viols et les massacres. Pour la première fois de leur histoire, les Israéliens se sont trouvés dans la situation de leurs grands-parents démunis pendant la Shoah, malgré toute la puissance de leur armée. C’est la société civile2 qui a, dès le lendemain, suppléé l’État en venant en aide aux populations déplacées du Sud et du Nord du pays, nourri les soldats envoyés au front. 

Tous les responsables militaires au sein de l’armée et des autres services de sécurité, en poste le 7-Octobre, ont démissionné ou ont été démis. Mais l’échelon politique, a fortiori celui qui se trouve à la tête de l’État, est toujours en place et aspire aujourd’hui à être reconduit.

Depuis cette tragédie, le gouvernement a toujours refusé de mettre en place une commission d’enquête d’État pour identifier les responsables dont les choix politiques et militaires ont conduit au massacre en une journée de près de 1200 personnes, la plupart civiles, et à la prise de 251 otages, alors que la majorité de la population l’exige3. Tous les responsables militaires au sein de l’armée et des autres services de sécurité, en poste le 7-Octobre, ont démissionné ou ont été démis. Mais l’échelon politique, a fortiori celui qui se trouve à la tête de l’État, est toujours en place et aspire aujourd’hui à être reconduit. Cette demande de la population s’est renforcée après les récentes révélations que des informations sur la préparation de l’attaque du Hamas avaient été transmises aux dirigeants israéliens dans les semaines qui ont précédé le 7-Octobre par des responsables émiratis et égyptiens4 et même par Sufian Abu Zaida un ex-ministre de l’Autorité palestinienne qui servait de médiateur entre les Israéliens et les dirigeants du Hamas à Gaza5.

La place des Otages, à Tel-Aviv, en mars 2024. (Chenspec / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

La deuxième raison tient à l’usure du pouvoir. Netanyahou a dépassé Ben Gourion en longévité à la direction du pays6. Depuis son retour au pouvoir en 2009, il domine la scène politique nationale. Surnommé « le magicien », il a toujours su nouer des alliances, notamment avec les partis religieux et orthodoxes, pour s’assurer des coalitions stables. Écarté en 2021 par la coalition Bennett-Lapid, il a su mobiliser les partis de l’opposition pour gêner le fonctionnement de celle-ci jusqu’à la faire chuter au bout d’un an. 

Après ses inculpations pour faits de corruption et l’ouverture de son procès, il s’est toujours présenté comme une victime des médias et des juges et a détourné contre eux la colère de ses électeurs. 

Mais le temps s’est écoulé pour lui aussi et son discours a de plus en plus de mal à passer aujourd’hui, même auprès d’une partie des électeurs du Likoud7. L’autre signe de ce désaveu est le refus de personnalités populaires qu’il avait sollicitées8 pour être candidats sur la liste du Likoud aux prochaines élections.

13 novembre 2022 : le président Isaac Herzog confie à Benyamin Netanyahou la formation du gouvernement. (Kobi Gideon / GPO, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

La troisième raison c’est que pour la majorité de l’opposition, elles détermineront si Israël continuera à évoluer vers une société de plus en plus autocratique gouvernée par des dirigeants extrémistes et messianistes ou s’il restera une démocratie libérale ouverte sur le monde. 

Depuis 4 ans, ce gouvernement s’est attaqué systématiquement aux fondements sur lesquels la démocratie israélienne repose. En lançant dès son arrivée au poste de ministre de la Justice son projet de réforme judiciaire, Yariv Levin a cherché à remettre en cause l’équilibre des pouvoirs en limitant ceux de la Cour suprême. Seule la mobilisation de la société civile, dès janvier 2023, a permis de freiner, voire de bloquer, cette réforme9. 

Par ailleurs on assiste à une perte de confiance de la population dans ses institutions comme la police10, perçue de plus en plus comme la milice d’Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, alors que la violence augmente dans la société11. Plus de 3000 personnes12, participant au mouvement de la contestation, ont été arrêtées pendant les manifestations. Plus largement, le gouvernement a, depuis quatre ans, provoqué et alimenté une fracture au sein de la population, opposant les laïcs « kaplanistes gauchistes »13 au reste de la population et développant des théories complotistes14.

Manifestation contre la réforme judiciaire, Tel-Aviv, 25 mars 2023. (Oren Rozen / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

La quatrième raison c’est que la majorité de la population exige une meilleure répartition de l’effort et que ces élections sont un moyen de mettre fin au poids des partis religieux. Les électeurs de l’opposition, ainsi qu’une grande partie de ceux des partis de droite, se rejoignent pour demander à mettre fin à l’exemption du service militaire des étudiants orthodoxes. Malgré la pénurie d’effectifs de l’armée, engagée sur plusieurs fronts, et les centaines de jours de mobilisation accomplis par les réservistes depuis trois ans, les partis orthodoxes ont maintenu leurs exigences d’exemption en échange de leur soutien à Netanyahou. N’ayant pas réussi à trouver un compromis acceptable par les partis de droite, ils ont réussi à faire voter une loi à la fin de la législature pour ne pas pénaliser les réfractaires – loi annulée ensuite par la Cour suprême. 

Il est significatif de noter l’absence, parmi tous ces sujets, du conflit et des solutions pour essayer de le résoudre. 

Les électeurs laïcs, de plus en plus exaspérés par l’emprise des religieux, réclament notamment des transports publics le shabbat et un rééquilibrage des fonds publics, qui profitent en priorité aux colons et aux orthodoxes.

Il est significatif de noter l’absence, parmi tous ces sujets, du conflit et des solutions pour essayer de le résoudre. A l’exception du parti des Démocrates de Yaïr Golan, qui prône la nécessité de se séparer des Palestiniens, sans définir exactement la solution, les autres partis sionistes de l’opposition disent s’opposer à la création d’un État palestinien15. Depuis le 7-Octobre, le soutien de la population juive à la solution à deux États a fortement baissé et celui pour l’annexion de la Cisjordanie a augmenté, mais sans pour autant qu’une majorité ne se dégage pour l’une de ces deux options16. La majorité des Juifs manifeste toujours une indifférence à l’égard de la situation des Palestiniens à cause des massacres du 7-Octobre et s’est sentie avant tout concernée par celle des otages. Par ailleurs, beaucoup d’entre eux ont peur de voir d’autres attaques lancées depuis les villes palestiniennes de Cisjordanie situées à proximité des centres urbains israéliens. Bezalel Smotrich17 et Itamar Ben Gvir18 ont profité de ce contexte pour développer et financer19 la colonisation20 et pour laisser impunies les exactions quotidiennes des colons extrémistes contre les Palestiniens et leurs biens.

Des centaines de milliers d’ultra-orthodoxes manifestent contre la conscription au pont des Cordes, à Jérusalem, le 30 octobre 2025. (Zeevbr / Wikimedia Commons, CC0 (domaine public)

Pour les partis sionistes de l’opposition, le gouvernement n’a pas su transformer les succès militaires en avancées diplomatiques ; ils privilégieraient des accords régionaux. Mais les élections ne se joueront pas sur ce sujet.

Les listes en présence et leur stratégie

38 listes ont déposé leur candidature à la commission électorale centrale, présidée par le juge Noam Sohlberg. Après l’intervention de la Cour suprême, toutes ont été validées. D’après tous les sondages de ces dernières semaines, 13 devraient passer le seuil minimum pour être élues21, avec des incertitudes pour deux d’entre elles qui le frôlent. Cependant des écarts, parfois d’un ou deux mandats, existent dans ces prévisions et ils peuvent modifier le résultat final compte tenu de l’égalité entre les deux blocs. 

L’incertitude porte surtout sur la participation des électeurs traditionnels du Likoud. Ceux qui, selon les sondages, comptent s’abstenir pour « punir » Netanyahou ou voter pour une liste plus centriste reviendront-ils au bercail à la dernière minute ?

Trois raisons peuvent expliquer la difficulté du travail des sondeurs :

– La présence de 550 000 nouveaux électeurs âgés de 18 à 22 ans, très motivés selon l’Institut israélien de la démocratie (IDI)22, mais aux intentions mal connues, même si les jeunes, surtout les soldats, votent traditionnellement plus à droite que la moyenne.

– Le nombre d’expatriés23 en augmentation depuis 4 ans et dont nombreux ont annoncé leur intention de participer au vote en revenant au pays24, malgré le prix des billets25.

– La difficulté d’estimer le taux de participation : plus il sera élevé, plus il faudra de bulletins à chaque liste pour passer le seuil d’éligibilité, ce qui pourrait entrainer l’échec de celles auxquelles les sondages prédisent un résultat autour de 4 mandats. Par ailleurs, si les électeurs arabes se mobilisent plus que d’habitude, les partis les représentant pourraient obtenir 14, voire plus de mandats26. On ne sait néanmoins pas bien mesurer l’impact du retrait de la candidature de Sami Abu Shehadeh, sous la pression de la Cour suprême, sur leur mobilisation27. L’incertitude porte surtout sur la participation des électeurs traditionnels du Likoud. Ceux qui, selon les sondages, comptent s’abstenir pour « punir » Netanyahou ou voter pour une liste plus centriste reviendront-ils au bercail à la dernière minute ?

Les « quatre tribus » face aux urnes  

Elles se répartissent selon les « quatre tribus » de la société israélienne décrites par l’ancien président Reuven Rivlin.

Les orthodoxes :

On ne s’attend pas à de grandes surprises quant au résultat du vote de cette population. Les deux listes orthodoxes actuellement présentes à la Knesset, Yahadout Hatorah (« Judaïsme de la Torah ») et Shas, devraient obtenir chacune entre 7 et 8 mandats. La nouveauté est la création d’une troisième liste aspirant à les représenter, HaTsibour Haredi (« Le Public haredi »), qui brise des tabous du monde ultra-orthodoxe (travail des hommes, service national pour les étudiants de yeshiva) et compte des femmes sur sa liste. Elle ne passerait pas le seuil, sauf surprise du vote des femmes dans le secret de l’isoloir.

Les sionistes religieux :

Représentés actuellement par 14 députés dans une liste commune28, ils concourent cette année dans 4 listes séparées :

Otzma Yehudit (« Force juive ») dirigée par Itamar Ben Gvir qui se maintient autour de 7 à 8 députés selon les sondages.

Hatsionout Hadatit (« Le Sionisme religieux ») dirigé par Bezalel Smotrich qui a dû intégrer, sous la pression de Netanyahou, dans sa liste Moshé Feiglin, un ancien député ultra nationaliste d’extrême droite, malgré sa détestation du personnage29, pour que sa liste puisse passer le seuil. Ensemble ils pourraient obtenir entre 5 et 7 mandats.

Amcha Israël, nouvelle liste créée par Ofer Winter, ancien général de brigade soutenant le service militaire obligatoire pour les ultra-orthodoxes ainsi que l’émigration volontaire des habitants de la bande de Gaza. Selon les sondages, cette liste franchirait difficilement le seuil minimum. Netanyahou attaque son dirigeant à cause du risque de perte de voix qu’il fait peser sur le bloc de droite30, bien que Winter lui ait prêté allégeance.

Noam leIsrael, dirigé par Avi Maoz, ne passerait pas le seuil minimum, selon tous les sondages.

Les « listes arabes » :

Les Arabes israéliens, constituant 21,5% de la population du pays, sont représentés aujourd’hui par 10 députés à la Knesset, issus de deux listes : Ra’am dirigé par Mansour Abbas et Hadash-Ta’al dirigé par Ayman Oudeh et Ahmed Tibi. 

Les sondages témoignent d’une plus forte mobilisation que d’habitude des électeurs arabes et créditeraient les partis les représentant de 12 à 14 députés

Deux listes vont les représenter aux élections :

– HaReshima Hameshutefet (« La Liste unifiée ») regroupant Balad, un parti nationaliste, Ta’al, également parti nationaliste appelant à l’égalité entre Juifs et Arabes, et Hadash, le parti communiste.

–Ra’am, un parti islamiste. Yoav Segalovitz, ancien député de Yesh Atid, ancien haut gradé de la police et vice-ministre de la Sécurité intérieure du gouvernement Bennett-Lapid, y occupe la deuxième place. Cette alliance inédite brise pour la première fois la frontière politique entre les deux communautés. Bien que juif sioniste et ancien policier, il est populaire parmi les Arabes israéliens pour avoir fait reculer la criminalité dans leurs localités : 116 meurtres en 2022, plus du double les années suivantes sous Itamar Ben Gvir.31 On recense cette année déjà 171 tués parmi cette population.32

Le président Reuven Rivlin reçoit les représentants de Ra’am lors des consultations pour la formation du gouvernement, 5 avril 2021. (Mark Neyman / GPO, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

Les sondages actuels témoignent d’une plus forte mobilisation que d’habitude des électeurs arabes et créditeraient les partis les représentant de 12 à 14 députés33, ce qui leur donnerait un rôle déterminant dans la constitution d’un gouvernement dirigé par l’opposition actuelle, si celle-ci acceptait leur soutien.

Les Juifs laïcs :

Ils sont représentés aujourd’hui par 78 députés issus de 5 partis non religieux : le Likoud avec 36 députés34 et 4 partis de l’opposition35. 44 % des Juifs israéliens se disent laïcs36, mais ces partis attirent aussi des électeurs traditionalistes, voire religieux.

C’est au sein de cette population qu’il y a le plus de changement depuis 2022.

Selon tous les sondages, le Likoud a perdu plus de 10 députés par rapport aux élections de 2022. Il est crédité aujourd’hui de 19 à 21 mandats. C’est pourquoi Netanyahou s’est investi pour pousser à la fusion des petites listes afin de ne pas perdre des voix au sein de son bloc. Faute d’attirer de nouvelles personnalités, il a attribué à des proches ou à d’anciens ministres les places qu’il s’était réservées sur la liste.

Yesh Atid étant en perte de vitesse, Yaïr Lapid s’est rangé derrière l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui conduit leur liste commune Beyahad (« Ensemble »). Créditée de 25 députés à sa création, cette liste a vu ses prévisions de mandats chuter à une douzaine.

Israel Beteinou dirigé par Avigdor Liberman a bénéficié du transfert de voix des électeurs du Likoud et devrait obtenir entre 8 et 9 mandats. Ce parti représente traditionnellement les Juifs originaires de l’ex-URSS, une population plutôt laïque. 

Il faut remplacer la phrase et mettre : La liste Yashar (« Droit ») créée par Gadi Eizenkot, qui a sans doute récupéré une partie des électeurs du Likoud ainsi que ceux du Mahane Hamamlakhti (« Le Camp national ») dirigé par Benny Gantz – qui a finalement décidé, au vu des sondages, de ne pas se représenter – , obtiendrait entre 20 et 23 mandats et dépasserait le Likoud.

Gadi Eisenkot, chef de la liste Yashar. (Yahav Trudler / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

Le parti des Démocrates37 devrait obtenir entre 9 et 11 mandats38.

Il faut noter l’échec des tentatives de création d’une troisième voie par deux anciens ministres et vétérans du Likoud opposés aux choix faits par Netanyahou de soutenir l’exemption du service militaire des orthodoxes39. Une autre liste, aspirant à représenter cette troisième voie, reste encore en lice et, selon les sondages, elle frôlerait ou passerait tout juste le seuil. C’est celle des « Réservistes » créée par Yoaz Hendel, qui a été ministre des Communications du gouvernement Bennett-Lapid, et antérieurement conseiller en communication auprès de Netanyahou. Hendel s’est allié à Yaron Zelekha, un économiste qui aspire à devenir ministre des Finances. Se situant plutôt à droite, ils demandent la mobilisation à l’armée des orthodoxes.

Deux blocs, deux stratégies

Les notions de droite et gauche en Israël sont différentes de celles existant en France. Ce n’est pas sur les questions économiques et sociales que se détermine l’appartenance à un des deux camps, mais sur sa position par rapport au conflit. La propagande de la droite a toujours été de qualifier tous les opposants à sa politique, notamment les militants du mouvement de la contestation, de « gauchistes » propalestiniens et de traîtres, afin de les disqualifier. La société israélienne ayant évolué depuis le 7-Octobre vers la droite, toute la stratégie du Likoud se focalise sur deux axes :

– Eviter d’assumer sa responsabilité et celle personnelle de Netanyahou dans les choix politiques qui ont mené au massacre du 7-Octobre40 et détourner la colère du public contre les personnes qui étaient en charge de la sécurité au Shin bet et à l’armée41.

– Les sondages ne lui permettant pas d’espérer obtenir une majorité uniquement avec les partis de droite et les religieux, Netanyahou concentre ses attaques sur l’opposition en insistant sur le fait qu’elle sera obligée de faire alliance avec le parti arabe Ra’am si elle veut accéder au pouvoir. 

Cette stratégie semble avoir permis au Likoud d’améliorer ses résultats dans les sondages. Netanyahou réussit toujours à imposer, dans le débat public, les sujets qui mettent en difficulté ses adversaires en évitant ceux qui le dérangent. Il refuse les chaînes généralistes et ne s’exprime que sur la chaîne 14, sur des chaînes américaines comme Fox News ou lors de déclarations officielles sans questions. 

260 000 volontaires se sont inscrits pour travailler comme assesseurs et scrutateurs, soit une augmentation de 150 % par rapport aux élections précédentes. 

L’objectif commun aux partis de l’opposition est l’augmentation du taux de participation de son électorat. En 2022, alors que celui-ci était dans le pays de 70,6%, les différences étaient notables selon les régions et les populations : 60% dans les villes libérales comme Tel Aviv, 64% dans les villes de droite comme Ashdod, 75% dans les colonies en Cisjordanie, et 82% dans les villes orthodoxes. Donc plus les électeurs libéraux iront voter et plus le seuil d’éligibilité sera élevé, ce qui pourrait empêcher deux petites listes de droite de l’atteindre

La difficulté de l’opposition est qu’elle est constituée de 4 partis sionistes, dont les leaders de trois d’entre eux aspirent au poste de Premier ministre42, alors que Netanyahou est le seul candidat à sa réélection, et de deux listes arabes. Les 5 leaders43 des partis sionistes se sont réunis le 26 septembre et ont publié une déclaration de principes44 affirmant « leur union et leur détermination à apporter des changements positifs et de l’espoir à l’État d’Israël ». Une question les divise toutefois : la participation éventuelle de Ra’am à une future coalition, que seuls les Démocrates soutiennent, alors que les deux tiers des électeurs juifs de l’opposition y seraient favorables45. 

L’opposition est consciente des risques pesant sur le bon déroulement des élections, au point que certains envisagent de faire appel à des observateurs étrangers46. 72% des électeurs juifs et 58,5% des électeurs arabes craignent des interférences perturbant l’intégrité des élections47. Pour se préparer à cette journée, 260 000 volontaires se sont inscrits pour travailler comme assesseurs et scrutateurs, soit une augmentation de 150 % par rapport aux élections précédentes. L’hypothèse, parfois évoquée, d’un report du scrutin à la faveur d’une reprise des combats semble peu probable vu la lassitude de l’opinion face à la guerre.

Au lendemain du vote : trois scénarios

Ces scénarios sont construits sur l’hypothèse la plus probable qu’aucun des deux blocs ne sera en mesure d’obtenir une majorité seul. Cependant plus de 10% des électeurs hésitent encore entre les deux blocs et beaucoup de ceux-ci feront leur choix en dernière minute48. Par ailleurs, on a constaté lors des élections précédentes que beaucoup d’électeurs décident souvent au final de faire un vote utile en choisissant l’un des grands partis pour le renforcer, ce qui pourrait éliminer les petites listes et affaiblir les autres.

Même si le Likoud réussit à obtenir un meilleur résultat, il aura du mal à persuader la liste des « Réservistes » de le rejoindre dans une coalition de droite avec les orthodoxes à cause de leur désaccord sur l’exemption militaire des étudiants de yeshiva. 

Tel-Aviv, samedi 26 septembre 2026, chez Yaïr Lapid, chef de l’opposition. De gauche à droite : Yaïr Lapid, Gadi Eisenkot (Yashar), Yaïr Golan (Les Démocrates), Naftali Bennett (liste Beyahad) et Avigdor Lieberman (Israël Beitenou).

Si les partis « sionistes » de l’opposition ne s’accordent pas pour former une coalition avec le parti Ra’am, ils devront choisir entre trois alternatives :

– Organisation de nouvelles élections dans quelques mois, ce qui impliquerait le maintien jusqu’à celles-ci du gouvernement actuel avec Netanyahou comme Premier ministre. 

– Formation d’un gouvernement d’union nationale des partis « sionistes » qui irait du Likoud, sans les partis extrémistes Otzma Yehudit et Hatsionout Hadatit et sans les orthodoxes, jusqu’à Yashar qui ne s’est pas engagé à ne pas gouverner avec le Likoud.

– Formation d’un gouvernement minoritaire avec le soutien des partis arabes de l’extérieur. Ce scénario s’est produit dans le passé avec le second gouvernement Rabin de 1992 à 1995, qui a pu ainsi faire approuver par la Knesset les accords d’Oslo.

Compte tenu de l’attente d’un changement par la majorité de ses électeurs, il me semble difficile d’imaginer que l’opposition choisisse l’un des deux premiers scénarios. Les quatre dirigeants des partis sionistes de l’opposition affirment s’opposer à la participation des dirigeants en place le 7-Octobre dans le prochain gouvernement. Je pense que l’opposition mettrait plutôt en place un gouvernement minoritaire, avec un soutien externe des listes arabes. Puis elle pourrait, après avoir géré le pays pendant quelques mois et commencé à améliorer la situation interne comme externe, organiser de nouvelles élections susceptibles de lui donner une franche majorité. 

Tant qu’une commission d’enquête d’État sur les massacres du 7-Octobre ne sera pas nommée, il sera impossible à la population de faire son deuil. 

1977, un précédent ?

En conclusion pour reprendre la comparaison avec la situation des élections de 1977, on note des similitudes avec celle d’aujourd’hui :

 – Les élections de 1977 étaient les premières tenues à froid après la guerre de Kippour qui fut, comme aujourd’hui après le 7-Octobre, un grand traumatisme pour la population. Les précédentes avaient eu lieu en décembre 1973 alors que la guerre venait de s’achever et que les soldats étaient encore mobilisés. 

– Celles de 1977 venaient solder une trentaine d’années de pouvoir du parti travailliste, comme celles d’aujourd’hui surviennent après une vingtaine d’années de domination presque continue de Netanyahou. Dans les deux cas, on constate une certaine usure du pouvoir.

– Multiplication des « affaires » : en 1977, des scandales visant des dirigeants travaillistes et le compte bancaire de Leah Rabin49 aux États-Unis avaient pesé sur le scrutin. Aujourd’hui, plusieurs ministres et députés font l’objet de procédures, sans compter le procès de Netanyahou, en cours depuis 2020 pour corruption, fraude et abus de confiance. Ces affaires sont beaucoup plus graves que celles qui avaient touché les travaillistes en 1977.

Golda Meïr en 1974, l’année de sa démission. (IPPA / Collection Dan Hadani, Bibliothèque nationale d’Israël, CC BY 4.0)

Mais à la différence de 1977, le gouvernement actuel refuse toujours d’assumer ses responsabilités à l’inverse de ce qu’avait fait Golda Meïr en démissionnant après la publication du rapport intermédiaire de la commission Agranat50, mise en place pour analyser les défaillances de la guerre de Kippour. Tant qu’une commission d’enquête d’État sur les massacres du 7-Octobre ne sera pas nommée, il sera impossible à la population de faire son deuil. Elle n’effacera aucun traumatisme mais elle permettra l’identification de toutes les responsabilités pour qu’une telle tragédie ne se reproduise pas. 

  1. Pour 68% des Juifs israéliens les événements du 7-Octobre sont un facteur déterminant pour leur vote, selon une enquête de l’Institut israélien de la démocratie (IDI). L’attention accordée au massacre du Hamas dépasse les clivages politiques même si elle est plus prononcée à gauche : elle est centrale pour 76,5% des électeurs de gauche, contre 74% des centristes et 66% des gens de droite. Elle transcende également les différences en matière d’observance religieuse, à l’exception des Juifs ultra-orthodoxes qui ne sont que 26% à déclarer qu’il s’agissait d’une question clé, contre 81% des Juifs laïcs et 56% des sionistes religieux. Elle n’est centrale ou assez centrale que pour 32% des électeurs arabes. (https://en.idi.org.il/articles/66177) ↩︎
  2. Notamment l’association Ahim LaNeshek (« Frères d’armes ») composée d’anciens militaires et réservistes, qui avait été très active dans le mouvement de la contestation, et qui s’est mobilisée dès le 8 octobre. ↩︎
  3. 100% des électeurs juifs de gauche, 84% du centre et 36% de droite (sondage IDI décembre 2025 https://en.idi.org.il/articles/62950) ↩︎
  4. Selon une enquête de Shlomi Eldar parue dans Ha’aretz, et confirmée ensuite par le New York Times, le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed (MBZ), avait averti Netanyahou une dizaine de jours avant le 7-Octobre de l’attaque du Hamas. Selon The Atlantic, le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel s’était rendu secrètement en Israël le 26 septembre 2023 pour prévenir les Israéliens que le Hamas préparait une attaque d’envergure. Puis selon Yediot Aharonot et le Wall Street Journal, il aurait appelé Netanyahou quelques jours avant le 7-Octobre pour le prévenir de signes indiquant une attaque imminente. Depuis la publication de ces révélations, le bureau de Netanyahou les a qualifiées de « mensonges absolus ». Netanyahou aurait exhorté MBZ à les démentir, ce qu’il n’a pas fait (https://fr.timesofisrael.com/selon-un-ex-ministre-avant-le-7-octobre-israel-et-le-hamas-ont-frole-laccord/). ↩︎
  5. https://allisraelnews.com/fr/il-y-aura-un-tremblement-de-terre-un-ancien-ministre-de-lautorite-palestinienne-affirme-avoir-transmis-un-message-de-sinwar-au-shin-bet ↩︎
  6. 19 ans en cumulé pour Netanyahou et près de 14 ans pour Ben Gourion. ↩︎
  7. Cela se voit dans la baisse du Likoud dans les sondages. ↩︎
  8. Refus de Moshé Kahlon, l’ancien ministre des Communications puis des Affaires sociales de ses précédents gouvernements et de Yossi Cohen l’ancien directeur du Mossad. ↩︎
  9. Sur les 573 lois votées pendant la législature actuelle, 24 sont classées comme des lois remettant en cause les rapports entre les pouvoirs. La Cour suprême en a annulé certaines comme celle visant à supprimer son droit de pouvoir annuler une décision du gouvernement qui, tout en étant légale, était jugée « déraisonnable » et celle qui avait gelé la possibilité d’arrêter des réfractaires (loi qui concernait les orthodoxes). Elle en a gelé d’autres jusqu’à l’examen des pétitions en cours contre elles et repoussé l’application d’autres lois, comme la modification de la commission de nomination des juges, à l’année prochaine, soit après les élections. (https://www.zman.co.il/728709/) ↩︎
  10. 63% des Juifs et 80% des Arabes ont peu ou pas confiance dans la police selon un sondage de l’Institut pour la Démocratie en Israël (https://en.idi.org.il/articles/62314) ↩︎
  11. Celle-ci est particulièrement en hausse dans le secteur arabe. ↩︎
  12. Interview de Gaby Lasski, ancienne députée du Meretz et candidate du parti des Démocrates. Avocate elle s’est occupée de faire libérer beaucoup des manifestants arrêtés. ↩︎
  13. Nom donné aux manifestants se regroupant rue Kaplan à Tel Aviv pour participer au mouvement de la contestation contre la réforme judiciaire, puis pour la fin de la guerre. ↩︎
  14. Accusations de trahison, voire de complicité, contre des responsables des services de sécurité ou des personnalités comme Yaïr Golan qui auraient été au courant de l’attaque du Hamas avant le 7-Octobre. ↩︎
  15. Gadi Eizenkot affirme soutenir les implantations en Cisjordanie uniquement quand elles correspondent aux intérêts nationaux et en respectant la loi. Pour lui « ce n’est pas le moment de parler d’un État palestinien », mais à long terme il envisage une entité palestinienne stable sous une responsabilité sécuritaire israélienne.(https://www.timesofisrael.com/bereaved-by-war-determined-to-heal-protect-and-revive-israel-gadi-eisenkots-prime-ministerial-mission/). ↩︎
  16. Le soutien à la solution à 2 États est passé de 47% en 2018 à 21% en 2026, alors que celui pour l’annexion est passé respectivement de 17% à 30%. 24% soutiennent aujourd’hui une séparation avec le maintien du contrôle sécuritaire à Israël, les 25% restant soutenant le statu quo. (voir les enquêtes et les rapports effectués par Tamrur-Politography, le groupe de recherche sur le conflit israélo-palestinien, dirigé par Shaul Arieli (https://www.politography.org.il/en/about-t-politography) ↩︎
  17. Le ministre des Finances et ministre au sein du ministère de la Défense en charge des décisions administratives en matière de colonisation en Cisjordanie et dirigeant du parti Sioniste religieux. ↩︎
  18. Le ministre de la Sécurité nationale et dirigeant du parti Otzma Yehudit
    ↩︎
  19. Le ministre de la Sécurité nationale et dirigeant du parti Otzma Yehudit ↩︎
  20. 265 colonies illégales (outposts) dont une majorité de fermes ont été créées depuis 2023 (https://peacenow.org.il/en/settlements-watch/settlements-data/population) sans pour autant modifier l’équilibre démographique entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie (https://www.lapaixmaintenant.org/shaul-arieli-leffondrement-de-la-solution-a-deux-etats-est-une-decision-politique-et-non-geographique-ou-economique/) ↩︎
  21. Pour réduire le nombre de petites listes, la Knesset a fixé un seuil minimum de voix pour être représentées. Il est depuis 2015 de 3,25 % des bulletins exprimés. ↩︎
  22. https://en.idi.org.il/articles/64746 ↩︎
  23. 278 000 selon l’université de Tel Aviv depuis 2023 dont près de 1400 médecins (augmentation de 94% pour ceux-ci entre 2023-2025 par rapport à 2013- 2015). ↩︎
  24. A part les diplomates et les personnes en mission à l’étranger, les Israéliens doivent voter en Israël. On estime à près d’un million d’Israéliens, enfants compris, vivant à l’étranger dont plus de 270 000 qui auraient émigré ces dernières années. (https://fr.timesofisrael.com/pres-dun-million-disraeliens-vivent-a-letranger-dont-environ-30-en-europe-etude/) ↩︎
  25. Fly & Vote, une initiative portée par AID Coalition, une ONG américaine présentée comme non partisane. Elle a été créée pour aider les expatriés sur le plan logistique à trouver des vols et a elle-même organisé un certain nombre de charters depuis les États-Unis, sans financer les billets. ↩︎
  26. Leur taux de participation aux élections était de 53,2% en 2022, inférieur à la moyenne nationale qui était de 70,6%. De 2003 à aujourd’hui, il a varié entre 44,6% au plus bas en 2021 à 64,8 % au plus haut en 2020 (quand les 4 partis avaient constitué une liste commune), alors que le taux national variait entre 63,5 % en 2006 à 72,3 % en 2015. ↩︎
  27. La Cour suprême a demandé à Sami Abu Shehadeh, le dirigeant de Balad, un des 3 partis de la Liste unifiée, de retirer sa candidature pour ne pas avoir à l’invalider à cause d’un article qu’il avait écrit le lendemain du 7-Octobre et qui pouvait être perçu comme un soutien à l’attaque du Hamas ; ce qu’il a fait. Les autres décisions d’invalidation des deux listes arabes et du député Ofer Kassif du parti Hadash ont été invalidées par la Cour suprême. ↩︎
  28. Composée de 3 factions : « Le Sionisme religieux » avec 7 députés, « La Force juive » avec 6 députés et « Noam » avec un député. ↩︎
  29. Smotrich disait à son propos qu’il « n’était ni dans son état normal ni sain d’esprit » (https://www.jpost.com/israel-news/politics-and-diplomacy/article-907589) ↩︎
  30. Hatsionout Hadatit et Amcha Israël sont dans une situation délicate. Elles pourraient connaître le même sort que le Meretz en 2022, qui a manqué le seuil électoral d’environ 4 000 voix et n’a donc pas réussi à entrer à la Knesset. ↩︎
  31.  https://abrahaminitiatives.org/victims-of-violence-and-crime-in-arab-society-in-2024/ ↩︎
  32. Cette question de la criminalité en secteur arabe est le premier facteur de décision du vote des Arabes israéliens (31,5%), devant les questions économiques (19%) ou la sécurité et le conflit (15%) (https://en.idi.org.il/articles/66177) ↩︎
  33. Entre 7 et 9 pour la HaReshima Hameshutefet et entre 5 et 6 pour Ra’am ↩︎
  34. Dont 4 d’une liste menée par Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères et ancien concurrent de Netanyahou à la direction du Likoud revenu au parti. ↩︎
  35. Yesh Atid dirigé par Yair Lapid avec 24 députés, Hamahane Hamamlakhti avec Benny Gantz et 8 députés après le départ des 4 députés qui ont suivi Gideon Saar, Israel Beteinou avec Avigdor Liberman et 6 députés et Les Démocrates dirigé par Yaïr Golan et 4 députés. ↩︎
  36.  https://fr.timesofisrael.com/a-la-veille-de-rosh-hashana-israel-compte-9795-millions-dhabitants/ ↩︎
  37. Nés de la fusion du parti travailliste et du Meretz, les Démocrates ont presque doublé leurs adhérents. Ils ont intégré parmi les 15 premiers de leur liste 8 nouveaux candidats dont 5 dirigeants du mouvement de la contestation et ont imposé une stricte alternance homme, femme. ↩︎
  38. https://fr.timesofisrael.com/retour-sur-les-premieres-primaires-du-parti-les-democrates/ ↩︎
  39. Gilad Erdan, ancien ministre de la Sécurité intérieure, des Communications et de la Coopération régionale, puis ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU de 2020 à 2024, et Yuli Edelstein, qui a occupé les postes de ministre de la Santé, de président de la Knesset et de président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense. ↩︎
  40. 65% de la population pense que Netanyahou a une grande responsabilité et 22% une petite responsabilité (https://www.mako.co.il/news-israel-elections/2026/Article-d7459e0cc7c01a1026.htm). Dans un interview diffusé le 8 octobre sur la chaîne, le général Avi Gil, le secrétaire militaire de Netanyahou en poste le 7-Octobre, a affirmé que le cabinet du Premier ministre avait falsifié des documents en lien avec le pogrom commis par le Hamas et que le Premier ministre avait choisi, à plusieurs reprises, de préserver son gouvernement plutôt que d’accepter un accord qui aurait permis la libération plus tôt des otages, dont certains sont décédés, par la suite, dans les geôles du Hamas.( https://fr.timesofisrael.com/revelations-davi-gil-sur-le-7-octobre-lopposition-reclame-une-enquete-penale-sur-netanyahu/). ↩︎
  41. Netanyahou se dédouane de sa propre responsabilité en attaquant personnellement Ronen Bar, le chef du Shin Bet en poste le 7-Octobre, qu’il qualifie de « criminel » parce qu’il était au courant du danger et ne l’avait pas prévenu. Ce que Ronen Bar conteste, menaçant de poursuivre Netanyahou en diffamation. ↩︎
  42. Naftali Bennett, Gadi Eizenkot et Avigdor Liberman. Yair Golan est le seul à proposer que Gadi Eizenkot, le mieux placé dans les sondages, soit le candidat de l’opposition. ↩︎
  43. Naftali Bennett, Gadi Eizenkot, Yair Golan, Yair Lapid et Avigdor Liberman ↩︎
  44. https://fr.timesofisrael.com/malgre-leur-accord-les-dirigeants-de-lopposition-divises-sur-les-partis-arabes/ ↩︎
  45.  https://en.idi.org.il/articles/62950 ↩︎
  46. https://www.haaretz.com/israel-news/elections/2026-10-02/ty-article-magazine/.premium/the-last-fortress-guarding-israels-election-integrity/000001a0-f797-de31-a7f0-ff9f7b250000 ↩︎
  47. https://en.idi.org.il/articles/65483 ↩︎
  48.  https://www.mako.co.il/news-israel-elections/2026/Article-06343a8a5f411a1026.htm ↩︎
  49. Commission mise en place sous la direction du juge Shimon Agranat, président de la Cour suprême, pour analyser les erreurs de la guerre de Kippour et les responsabilités personnelles des dirigeants politiques et militaires qui étaient alors en fonction. ↩︎
  50. Le 15 mars 1977, Dan Margalit, correspondant de Haaretz à Washington, révèle que Yitzhak et Leah Rabin détiennent un compte bancaire en dollars aux États-Unis, ouvert lorsque Yitzhak Rabin était ambassadeur à Washington (1968-1973), alors que la loi interdisait aux Israéliens de détenir un compte à l’étranger. Yitzhak Rabin renonce à conduire la liste travailliste et cède la place à Shimon Peres ; Leah Rabin est condamnée à une amende de 250 000 livres israéliennes. ↩︎
Photo de David Chemla

David Chemla

Franco-israélien et ancien kibboutznik, David Chemla milite depuis plus de 50 ans pour un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens sur la base de deux États. Il est un des fondateurs de « La Paix Maintenant » et de « JCall » dont il est aujourd’hui le Secrétaire général européen. Auteur de « Bâtisseurs de paix » (Liana Levi, 2005) et coordonnateur du livre « JCall, Les raisons d’un appel » (Liana Levi, 2011) , il a préfacé la réédition de « Histoire de l’autre Israël – Palestine (Liana Levi, 2023) » .