Dossier : Mémoires d’attentats
Le massacre de Bondi Beach en Australie, la semaine dernière, lors d’une célébration de Hanouka, nous rappelle la récurrence des attentats antisémites à laquelle nous sommes confrontés, dans l’histoire récente et dans l’actualité. Ce dossier revient sur trois scènes – l’attentat de la synagogue de Rome (1982) à celui de la Ghriba à Djerba (2023), en passant par le massacre de l’école juive Ozar HaTorah à Toulouse (2012) -- qui témoignent de ce que ces crimes disent des États, des sociétés et de leur capacité à regarder en face la violence meurtrière visant les Juifs.
Retour sur l’attentat de la synagogue de Rome : négligence ou connivence ?

Le 9 octobre 1982, un commando palestinien s’est attaqué à une foule de Juifs romains à la sortie de la synagogue, blessant des dizaines de personnes et tuant un garçon de deux ans. À la veille du 40e anniversaire de cet attentat, de nouveaux documents montrent que les services secrets avaient informé les autorités italiennes du danger imminent, mais qu’aucun dispositif de sécurité n’avait été mis en place autour de la synagogue. Un livre à paraître confirme l’existence d’un accord secret entre l’État italien et les factions palestiniennes lors des Années de plomb, bien que son lien avec l’attentat de Rome reste à prouver.
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Sur l'île. Après l'attentat de la Ghriba
Les Juifs de Toulouse, dix ans après
Mélenchon et Ozar HaTorah : un massacre en trop
>>> Lire l’enquête de Simone Disegni
Sur l’île. Après l’attentat de la Ghriba

À trente ans, Cléo Cohen est représentative d’un mouvement qui traverse une partie de la jeune génération sépharade : le désir de renouer, par-delà les silences et parfois les réticences de leurs parents et de leurs grands-parents, avec leur histoire arabe. Partie vivre en Tunisie – où elle a eu « l’impression de [se] sentir chez [elle] » – elle était dans la synagogue de la Ghriba quand a eu lieu l’attentat. Dans ce texte, elle témoigne de son angoisse pendant l’attaque, et surtout de la façon dont l’évènement est venu percuter son parcours. Elle dit l’antisémitisme terroriste, l’antisémitisme latent de la société tunisienne, l’antisémitisme qui interdit de reconnaître les juifs comme des victimes, et le grand silence, en Tunisie comme en France, au milieu duquel cet antisémitisme se déploie.
>>> Lire le témoignage de Cléo Cohen
Les Juifs de Toulouse, dix ans après – Entretien avec Franck Touboul

En janvier 2020, la télévision publique française diffusait ‘Chronique d’un antisémitisme’ de Georges Benayoun. Le réalisateur avait posé ses caméras à Toulouse, théâtre en 2012 des attentats de l’école Ozar Hatorah. Parmi les différents interviewés : des habitants, le personnel politique, des responsables associatifs, des imams… et Franck Touboul, le président du CRIF Toulouse Midi-Pyrénées. Dix ans après l’assassinat de Myriam Monsonégo, huit ans, de Jonathan Sandler et de ses deux fils, Gabriel, trois ans, et Arié, six ans, la Revue K. a voulu prolonger le dialogue avec ce dernier en l’interrogeant sur la réception du documentaire, la vie de la communauté juive toulousaine depuis l’attentat et la commémoration de son dixième anniversaire qu’il organise cette semaine.
>>> Lire l’article de Georges Benayoun et Stéphane Bou
Mélenchon et Ozar HaTorah : un massacre en trop

La sortie stupéfiante de Jean-Luc Mélenchon quant à l’irruption d’un « événement gravissime » au cours de la prochaine élection présidentielle a été abondamment commentée. Or, ce qui étonne le plus ici est l’étonnement lui-même qu’ont provoqué ces propos. Car le complotisme, la sous-estimation de la gravité de l’antisémitisme et le rudoiement concomitant de ceux qui osent s’en inquiéter n’ont chez lui rien d’exceptionnel.