# 251 / Edito
Pour ce dernier numéro de l’année, et avant de reprendre la semaine prochaine notre rythme habituel de publication, nous vous proposons une sélection de sept articles parmi les plus lus et partagés cette année.
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Dossier : « Les articles les plus lus en 2025 »
Jonathan Safran Foer : Discours de réception du prix Primo Levi 2025
De l’indifférenciation à l’indifférence. Sur les viols de masse le 7 octobre en Israël.
« Si le sionisme est piraté par un projet politique antidémocratique, qu’en restera-t-il ? »
L’écrivain américain Jonathan Safran Foer ouvre ce dossier avec son discours de réception du prix Primo Levi 2025, revenant à propos de Gaza sur le legs intellectuel et moral que nous a laissé Levi, ainsi que sur la responsabilité de l’écrivain face à l’insensibilité du monde.
Alors que le témoignage de l’ex-otage israélienne Romi Gonen a réactivé le débat autour des crimes sexuels commis par le Hamas, la rigoureuse analyse proposée par Julia Christ dans « De l’indifférenciation à l’indifférence » démonte les mécanismes de déni et d’effacement à l’œuvre face aux viols de masse commis le 7 octobre, et interroge ce qui a longtemps empêché que les faits soient nommés.
Dans « À partir d’ici, nous devons poursuivre seuls notre chemin », le grand philosophe allemand Jürgen Habermas esquisse un diagnostic amer de la situation politique européenne. Alors que l’Europe se découvre, trop tardivement, bien solitaire sur la scène internationale, quels espoirs peut-on nourrir quant à sa capacité à persister sur la voie politique et morale qu’elle avait élue ?
« Sauver Odessa la juive » explore le destin d’une ville où s’entrelacent histoire juive, héritage européen et conflit contemporain avec la Russie. Joseph Roche y témoigne des efforts de la communauté juive locale pour subsister dans un contexte de guerre et de départs.
Eva Illouz – dans un entretien faisant suite à la décision du gouvernement israélien de la disqualifier du Prix Israël – revient sur la confiscation du sionisme par un projet autoritaire et ses effets sur la vie démocratique de l’État juif. Elle y rappelle que la plus grande menace qui pèse actuellement sur Israël est de nature interne.
À propos d’un délire des origines partagé par l’extrême droite israélienne et l’antisionisme radical, David Lemler analyse dans « Les Khazars, les Juifs et nous » le retour périodique de la référence au Kuzari de Yehuda Halevi. Il y démontre comment les mauvaises lectures de ce texte juif écrit en arabe au XIIe siècle sont venues nourrir les impasses contemporaines du débat sur le sionisme.
Enfin, une question que tout le monde semble se poser, puisque ce texte n’en finit pas d’assurer notre succès sur les moteurs de recherche : « Reste-t-il encore des Juifs en Algérie ? ». Joseph Benamour y revient sur une disparition presque totale, mais qui reste passionnément présente aux esprits.