K.Jeunesse : l’écologie peut-elle devenir antisémite ?
L’écologie peut-elle devenir antisémite ?
Comment un discours qui défend la planète peut, chez certains, faire d’Israël puis des Juifs les responsables de la catastrophe climatique.
Et si sauver la planète passait par la disparition d’un seul État ? Une frange de l’écologie radicale le pense vraiment.
Défendre le climat est une cause juste. Mais une frange de l’écologie radicale a opéré un glissement étrange: faire d’Israël le responsable central de la crise climatique mondiale, puis, de proche en proche, retrouver de vieux réflexes antisémites. Comment en arrive-t-on là, et pourquoi est-ce dangereux ?
Quand Israël devient « coupable » du climat
Là où le raisonnement dérape, c’est quand Israël y est inséré. Dans ses écrits et ses prises de position publiques, Andreas Malm présente l’État d’Israël comme un rouage central de l’économie fossile et donc comme responsable de la crise climatique de toute la planète. Il évite souvent de le nommer comme État, lui préférant l’expression « entité sioniste ». Après le 7 octobre 2023, il a publiquement salué l’attaque du Hamas et érigé la « résistance » palestinienne en modèle. Ces positions sont assumées et documentées: c’est leur logique qu’il faut examiner.
C’est pourquoi des chercheurs, comme la sociologue Sylvaine Bulle dans les colonnes de K., parlent d’un « antisionisme vert »: Israël y est réduit à une abstraction coupable de tous les maux, tandis que le massacre du 7 octobre disparaît du tableau. Leur critique reste prudente: il ne s’agit pas de célébrer en miroir un « sionisme vert », ni de nier les vrais dégâts environnementaux d’Israël. Le problème est le glissement d’une critique légitime vers un manichéisme qui, sans toujours le dire, retrouve le chemin de la haine.
Cette fiche s’inspire d’un article de Sylvaine Bulle paru dans la Revue K. Nous en avons tiré l’essentiel, ajouté les repères nécessaires et reformulé pour le lycée. Le texte d’origine est plus riche, plus nuancé et plus exigeant. Lire l’article de Sylvaine Bulle sur K. →